Monday, February 06, 2012

J1-J8


05/1/2011
J-1 : Köln-Frankfurt-Singapore
Jamais, je crois, la préparation d'un voyage n'avait été si tardive ; et pourtant jamais aussi détendue et apaisée malgré l'excitation bien présente (au moins en pensées) due à l'immense inconnu qui se dresse devant moi. Ah ! retrouver la sensation, l'incertitude de mes tout premiers voyages en solitaire ! Lire le Lonely Planet et n'y voir que des mots. L'impossible projection dans le futur, même proche ! Quel plaisir rafraîchissant de refaire connaissance avec ces vieux sentiments qu'on ne pensait pas devoir revoir un jour ! Enfin quel paisible pensée celle de savoir que la seule préoccupation de ces 5 prochaines semaines sera de noircir ces pages…
Je me souhaite la bienvenue sur ce blog.

J-2 : Singapore
Peu profité de ce premier vol en A380 : entre Rien à Déclarer, 2 repas et 5-6 heures de sommeil ; les 12 heures de vol sont passées relativement vite. Les formalités à l'arrivée se déroulent sans encombre et, assis, j'attends que mon sac sorte de l'embouchure des tapis roulants. Il ne sort pas. Une petite Singapourienne comme elles le sont toutes (surtout les asiatiques) s'approche de moi et me demande si mon nom figure sur la liste qu'elle me tend. Il y est. Ce que je lui signifie. Elle m'invite alors à me rendre au bureau des objets trouvés en me précisant que mon sac n'est pas parti de Francfort. Super. En m'y rendant, j'aperçois Ol et Marie-Hélène derrière les parois vitrées qui doivent commencer à se douter qu'il y a un souci. Au bureau on m'apprend que le sac partira avec le vol Lufthansa du lendemain à la même heure. Sauf que moi je serai je-ne-sais-où en Thaïlande le lendemain à l'heure dite, vu que j'ai un billet pour le vol Singapour-Bangkok de Tiger Airways (une low-cost asiatique) de 9h40. On me propose donc de l'expédier à Bangkok directement après son arrivée à Singapour. Mais les terribles inondations récentes après d'intenses réflexions m'ont amené à revoir mes plans de voyage et partir directement pour Chiang Mai où mon sac peut également être convoyé seulement, pas avant le surlendemain matin. Pas de vols disponibles avant. Plan que je finis par accepter en tenant compte du fait que les 12h de voyage entre Bangkok et Chiang Mai ne m'amèneront au plus tôt que tard dans la nuit ou tôt le matin à destination. Cette solution est également celle qui devrait me faire perdre le moins de temps pour rallier le Laos au plus tôt. Je récupère également une trousse de toilette et 150 Dollars Singapouriens (US$80) pour parer au plus pressé. Les formalités réglées je peux enfin rejoindre et saluer mes hôtes. Le temps de trouver un taxi et le trajet pour le centre-ville et il est déjà 18h passées quand je pénètre dans le condominium de la River Valley Road où demeurent mes amis. Après une douche et un peu de repos nous ressortons vers 20h boire une Tiger (la bière Singapourienne) juste à côté du condo, puis manger au restaurant thaïlandais au bord de la rivière singapourienne au Clark Quay (prononcez Key) à peine plus loin. C'est une quartier de fête aux innombrables bars et restaurants de toute sorte (on trouve de tout à Singapour) dont l'activité en ce dimanche soir est tout bonnement stupéfiante. Je mets cela sur le compte de la veille de jour férié (une fête musulmane du genre de l'Aïd) mais Olivier m'explique que c'est comme ça tous les soirs. Architecture qui en met plein les yeux pour ces anciens hangars et bureaux portuaires restaurés. La fatigue aidant (même si je me suis réveillé de ma nuit dans l'avion vers 15h), la soirée ne s'éternise pas outre mesure et nous rentrons nous coucher. La nuit sera chaude et courte avec un corps qui se réveille à 5h du matin et un réveil qui sonne à 7h50.
J-3 : Singapore-Bangkok-Chiang Mai
A 8h30, après un petit déjeuner de pains au chocolat et café, nous montons dans les taxi pour l'aéroport et à 9h je cherche mon comptoir d'enregistrement (uniquement pour récupérer mon boarding pas, n'ayant pas de bagage à enregistrer !) En vain. L'enregistrement se clôture 45 minutes avant l'horaire du décollage. 5 minutes trop tard ! Malgré toutes mes protestations, pas moyen d'embarquer pour ce vol. Il me faudra, moyennant S$70 (US$50) me faire reporter sur le vol suivant, prévu à 12h45. Un Aller-Retour en ville n'ayant pas beaucoup de sens pour si peu de temps, je congédie mes deux amis et passerai donc la matinée au Terminal Budget de l'aéroport Changi de Singapour. Un massage de pied gratuit plus tard (grâce à une super machine à disposition dans le terminal) et quelques heures de lecture et le A320 décolle pour survoler la Malaisie et la baie de Thaïlande. 2 heures de vol et une heure de décalage (de moins) et après un aperçu de haut de l'état des inondations dans la région de Bangkok, c'est enfin l'arrivée à l'aéroport où, à l'office du tourisme, on m'informe que seuls deux trains par jour rallient Chiang Mai : un le matin et un l'après-midi depuis la gare de Hua Lamphong ainsi que le moyen de m'y rendre : en CityTrain, une sorte de métro/RER aérien surélevé comme toutes les routes importantes ce qui se révèle tout particulièrement utile en ce moment, et en métro (souterrain). La vue sur les nombreux et socialement très hétérogènes quartiers résidentiels en se rapprochant du centre-ville et leur niveau d'inondation inversement proportionnel au revenu moyen de leurs habitants -sauf les maisons les plus pauvres, qui, fidèles à l'architecture traditionnelles sont sur pilotis- est saisissante. La gare est le terminus de la ligne de métro et en même temps la station la plus proche du centre historique. Mais pas le temps de flâner, je me dirige au plus vite vers la gare en espérant,malgré l'heure tardive (déjà presque 16h) encore pouvoir prendre le train de l'après-midi. Je pénètre donc dans cette magnifique enceinte blanche et jaune (les couleurs nationales) de style colonial du début du XXème siècle rehaussée dedans comme dehors d'un imposant portrait du roi, vénéré véritablement comme un dieu. A l'entrée un garçon assis à une table indiquant "Tourist Information" s'enquiert de mes intentions et s'occupe de moi avec une grande gentillesse et beaucoup d'avenant. Il m'explique les différents horaires de train, seulement deux par jour circulent en ce moment, le voyage prenant 4h de plus que d'habitude, les inondations obligeant le train à un détour. Le train de 18h10 doit donc rallier Chiang Mai entre 6h et 8h le lendemain matin. Il m'accompagne au guichet où l'on me signifie que le train en question est "fully booked" quelque soit la classe. Il reste des places assises pour celui de 8h30 le lendemain ou des couchettes pour celui du soir. Comme je veux absolument être à Chiang Mai le lendemain, le garçon me propose le bus qui met plus longtemps ; j'accepte et il m'emmène à l'étage où pour 980 Thai Baht je peux avoir une place dans celui, climatisé, de 20h30 : le prix incluant le transfert en taxi vers le point de départ du bus et un repas à bord. Je n'ai pas trop le choix et récupère donc un billet ainsi qu'un rendez-vous à 19h30 pour le départ en taxi. Je dispose de 3h30 devant moi pour me faire une idée du centre historique (peut-être visiter le temple contenant le fameux Bouddha d'émeraude dérobé aux Laos par les Thaïs ?) et tenter d'appeler l'aéroport de Singapour vers 17h pour m'assurer de l'arrivée de mon sac. Je remonte la rue vers le quartier des temples le long de laquelle se succèdent les échoppes en tout genre : des banques aux bijouteries, aux fabricants de cercueils ! dont les ouvertures sur la rue sont toutes protégées par des murs de sacs de sable voire des parpaings -certains hauts de plus de 1 mètre- rendant l'accès au commerce en question peu praticable. La ville se prépare à une inondation massive, il semble ! Enfin, 30 bonnes minutes de marche plus tard, j'arrive au pied d'une impressionnante muraille blanche à créneaux protégeant et ne laissant dépasser que les toits pointus des temps que je contourne à la recherche d'une porte où des soldats sur le pied de guerre m'indiquent que c'est "finished". Le panneau touristique à côté, plus loquace, me renseigne sur l'heure effective de fermeture : 15h30. Peine perdue donc ! Je rejoins la rivière Chao Phraya bordant quasiment un des pans de l'enceinte carrée et décide de la descendre en bateau-bus pour rejoindre la gare. Son niveau est effectivement très haut et les nombreuses vannes qui protègent la ville des crues semblent devoir déborder sous peu. On comprend mieux les préparatifs des habitants. Je passe également le long du musée Siam : "Fermé pour cause de préparation à l'inondation" ! Les berges offrent un spectacle magnifique avec ces hautes eaux menaçant la ville et les nombreux temples bordant la rivière. Je parviens finalement à un embarcadère accessible (celui d'avant était complètement inondé) ; celui là aussi, à vrai dire, mais une passerelle de planches de bois permet d'y accéder. Mais le préposé, assis derrière son bureau les pieds dans l'eau me signifie qu'il n'y a pas de bateau qui descendent et que je dois prendre un taxi ou un tuk-tuk. Je rejoins donc la gare à pied où je suis une demi-heure avant le rendez-vous prévu ayant pris le temps de téléphoner et de recevoir confirmation que mon sac a bien rallié Singapour et qu'il sera chargé à bord de l'avion pour Chiang Mai du lendemain matin. En sirotant une bière en attendant le départ je me retrouve pour la première fois au milieu de backpackers : tous français ! Je me retourne donc et aborde la conversation avec une allemande (en fait bosnienne) derrière moi. Son copain et elle se rendent aussi à Chiang Mai, comme moi n'ont pas eu de places pour le train et se sont rabattus sur le bus de 1ère classe. Ils partent une demi-heure plus tard. Le signal du départ est donné et mis à part 2 anglophones voyageant seuls, tous les autres sont des français en couple… Le taxi sera finalement un tuk-tuk fonçant comme un dératé à travers les rues de la ville. En 10 minutes nous sommes dont à la boutique de massage/agence de tourisme/transport où le bus doit venir nous chercher : un bus Volvo à 2 étages vieux de 20-30 ans. A peine à bord une brioche et un verre d'eau nous sont servis tandis que le film démarre. Je n'en verrai pas beaucoup, mon corps me rappelant bien rapidement au sommeil. Avant cela j'ai tout de même le temps de constater, à peine sorti de Bangkok, l'étendue des dégâts : la route que nous empruntons est la seule chose avec les habitations qui émerge de l'eau ; et encore, seulement en partie : la 2x2 voies se transforme régulièrement en 2x1 voie dès que l'une des deux se retrouve également sous les eaux. Je savoure les 2-3 heures de sommeil jusqu'à ce qu'on nous réveille à 1h du matin pour la pause pipi/dîner. Il n'y a pas d'heure de repas fixe dans ce pays ! Dans une échoppe/restaurant du bord de route trois files d'attente se forment : l'une devant les toilette, l'autre devant le "buffet" auquel je renonce (riz gluant avec une sorte de noix concassées, des tranches de saucisses sucrées séchées et 3 quartiers d'oeuf dur dont le jaune tend de manière inquiétante plutôt vers le beige) pour la troisième file : une soupe de nouilles et viande typique des restaurants asiatiques. Le choix s'avèrera bon. Le bus se remet rapidement en route mais le sommeil ne veut plus être de la partie. Je le retrouverai vers 4h avant d'être réveillé à nouveau 2 heures plus tard pour la distribution de "café" : un breuvage marron clair extrêmement sucré, intermédiaire entre un café et un chocolat chaud. Une demi-heure plus tard le bus marque un premier arrêt à une gare routière. C'est déjà Chiang Mai. Les backpackers descendront au deuxième arrêt : une agence de tourisme/restaurant plus proche du centre-ville où nous attendent tuk-tuk et songthaew. Il est quasimment 7h du matin.

J-4: Chiang Mai-Chiang Khong
Comme aucun café n'est encore ouvert à cette heure si matinale, je me promène à travers la ville le long de l'axe Nord-Sud. Il s'agit d'une ville fortifiée carrée entourée d'eau (les douves) et de quelques tronçons de murailles de briques encore debout. Je me pose dans une pension pour boire un café et écrire en compagnie des touristes prenant le petit-déjeuner probablement inclus dans le prix de leur séjour. Vers 9h30 je me remets en route pour visiter la ville et ses nombreux et magnifiques tempes dont l'un abrita le Bouddha d'émeraude avant qu'il soit transféré au Laos puis volé par les Thaïs et ramené à Bangkok. Par tradition, certains temples sont voués à des moines célèbres et vénérés pour la sagesse et le niveau d'élévation qu'ils ont atteint. Parfois il s'agit d'une photo mais parfois c'est une réplique en cire grandeur nature du moine avant sa mort qui figure au centre du temple. Ces personnages de cire sont si ressemblants que cela déclenche parfois une irrésistible et violente chair de poule quand, en pénétrant dans un temple, on croit que la figure est une vraie personne…
Je continue mon trajet jusqu'au nord où après avoir visité le plus beau et plus vieux temple de Chiang Mai il est déjà 11h quand je commence à héler un tuk-tuk pour m'amener à l'aéroport : un Thaï très serviable arrête un Songthaew qui est sensé m'amener à l'aéroport. Il s'agit d'un mini-utilitaire (pick-up) japonais donc le tronc arrière est flanqué de deux bancs parallèles à la route et abrités d'une toile. 10-15 minutes plus tard me voici au terminal, j'entre par la porte des arrivées et explique au gars de la sécurité que je dois récupérer mon bagage expédié depuis Singapour par le vol de Silk Air. Il me laisse franchir le contrôle de sécurité sans plus de questions ni contrôle d'identité et j'aperçois le tapis roulant où défilent déjà les bagages en provenance de Singapour. J'aperçois ensuite le "Bagage Service" où j'attend qu'une dame termine son réquisitoire avant d'expliquer ma situation mais entre temps mon sac se présente sur le tapis et je le récupère avant de me présenter à l'employé à qui j'explique ma situation et montre mon document de l'aéroport de Singapour. Il note juste le numéro de réclamation et me laisse partir. Je passe 10 minutes à transférer certaines affaires entre sac à dos et backpack ainsi que me brosser les dents avant de ressortir et demander au premier Songthaew de m'amener à la gare routière où le bus pour Chiang Khong part à 13h d'après le Lonely. Il est 12h15 quand je m'insère dans l'énorme file d'attente devant les 3 guichets de la compagnie Green Bus. Après 30 minutes d'attente je prends mon billet pour le bus de 13h30. Cool, une demi-heure de rabe ce qui me permet de m'installer dans un des restaurants qui bordent le terminal. J'y retrouve justement un couple de français avec qui j'avais discuté dans le bus depuis Bangkok qui terminent de déjeuner. Je commande un riz sauté au porc que je dévore en 10 minutes pour être 1 quart d'heure en avance au bus. Je charge mon sac en soute ; vraiment bizarre de voyager avec 15 kilos sur le dos ; et je m'installe à ma place au premier rang. Vue imprenable sur la route qui durera 6h30 avec de nombreux arrêts intermédiaires. Au dernier arrêt je descend pisser dans les toilettes du terminal pour 3 THB et remarque un backpacker seul en train de fumer une cigarette. Comme je n'ai pas de guide de la Thaïlande et donc de conseil où dormir à Chiang Khong, je l'aborde mais il voyage sans guide et sans montre. Nous décidons quand même à l'arrivée à Chiang Khong de prendre un tuk-tuk ensemble qui nous amène au plus près du quai d'où partent les longboats qui franchissent la frontière (le Mékong) et après avoir visité 2-3 guesthouses nous nous décidons pour une chambre à 2 lits pour 300 THB donc US$5 chacun. Nous dînons également à la guesthouse et je me régale de saucisses de porc frites panées. Avant le dîner nous avions déjà acheté 2 bières (Leo) pour l'apéritif ainsi que quelques feux d'artifices ; en effet, la lune étant quasiment pleine, nous étions un jour de fête (première pleine lune de la saison sèche). Nous descendîmes sur les quais du Mékong pour allumer le paquet de feux d'artifice que nous avions payé 140 THB (US$5). Nous organisâmes un très beau petit spectacle pyrotechnique aidé par 2 Thaïs un peu plus loin avec leur montgolfière dont la source de chaleur était un engin explosif, et malgré une des fusées que j'allumai dans le mauvais sens et qui me brûla légèrement la jambe avant de percuter la poitrine du pauvre Luke sauvé par le paquet de cigarettes dans la poche de sa chemise. Suffisamment de frayeur pour la journée, nous filons nous coucher ; il est déjà minuit passé. Je mets le réveil pour admirer le lever du soleil sur le Mékong. Ma première nuit de backpacker ne sera pas la meillleure : impossible de m'endormir et mon compagnon de voyage qui s'avère être un ronfleur invétéré puis vers 5h du matin une violente averse me fait renoncer à me lever étant donné que celui du soleil ne sera pas très agréable mouillé ; je finis par me ®endormir enfin mais à 7h du matin d'une maison voisine s'élève une puissante musique qui durera 1h30-2h. Je dormirai finalement jusque 11h30.

J5 : Chiang Khong-Huay Xai- Oudom Xai
Après la douche nous nous dirigeons vers l'embarcadère puis à la recherche du poste d'immigration thaïlandais où nous faisons connaissance avec Nicki et Tati, deux allemandes. Nous réglons les formalités de frontière ensemble puis embarquons dans un longboat pour traverser le majestueux Mékong pour 40 THB.
Enfin au Laos !!! 5 jours après mon départ ! Comme il est 12h30 le poste d'immigration laotien est fermé et nous devons attendre le retour du fonctionnaire de sa pause de midi pour faire les formalités : payer US$30 pour le visa laotien et obtenir le tampon sur nos passeports. Pendant ce temps nous discutâmes de nos plans respectifs et avec un Laotien très sympathique des possibilités qui s'offrent à nous. Les filles veulent filer directement sur Luang Prabang et d'après le Laotien, le bus part du terminal (à 7 kilomètres de là) à 17h pour arriver à 5h du matin. Luke voudrait attraper un bateau non-touristique pour descendre le Mékong mais doit bien vite renoncer et se décider à me suivre et chercher un bus pour Oudom Xai (le bus de Luang Prabang y fait halte) et effectivement nous prenons un tuk-tuk/songthaew tous les 4 pour le terminal où un bus local part 10 minutes plus tard (il est quasi 14h) pour Luang Prabang. C'est relativement pratique pour nous car nous devrions arriver vers 20h (le guide dit 6h de route) mais moins pour les allemandes qui ne devraient pas débarquer avant 2h du matin à Luang Prabang et y trouver un endroit pour dormir à une heure pareille ! La route est plutôt récente mais notre bus n'avance pas (il pousse surtout dans les innombrables montées que nous devons affronter : nous sommes dans une pays très accidenté !). La différence est notable bien que n'ayons fait que traverser un fleuve mais le pays est incroyablement plus pauvre. Les quelques villages que nous traversons sont en réalité des hameaux formés de quelques maisons sur pilotis regroupés autour d'une fontaine/douche/lavoir. Il fait déjà nuit noire à 19h quand nous rencontrons la première ville : Luang Namtha où nous nous arrêtons 45 minutes. Enfin nous pouvons nous restaurer ! Nous mourrons de faim dans le bus depuis le départ n'ayant même pas mangé à midi (ni depuis le réveil pour moi). La gare routière n'est pas mieux que celle de Huay Xai même si la ville est sensée être beaucoup plus peuplée : une construction en béton ouverte au milieu d'un grand terrain boueux ou poussiéreux selon l'humidité. Ca pue la campagne, particulièrement agréable en dégustant ma soupe. Plus que 2h de route ce qui devrait nous permettre d'arriver à une heure correcte pour trouver un hébergement. Enfin c'est ce que je pensais. Après avoir traversé le petit bout de plaine entourant Luang Namtha nous attaquons un nouveau massif avec ses pentes qui font bien peiner notre pauvre vieux bus des années 60 qui traverse sans précipitations les routes de crête et des passages à plus de 1000 mètres d'altitude. L'impressionnante clarté de la pleine lune me permet de continuer à contempler le paysage des montagnes laos malgré la nuit noire depuis déjà plusieurs heures. Il sera 23h quand nous nous arrêterons devant le terminal d'Oudom Xai. Première tâche : vérifier les horaires de bus pour Nion Kiaw, notre prochaine étape, le lendemain. Mon guide d'en annonce qu'un par jour à 9h du matin et c'est ce qui est également affiché sur place. Ensuite, trouver une chambre. Pour la plus grande ville du nord du Laos, c'est plutôt déprimant. On se demande presque pourquoi on est pas resté dans le bus : rien à faire ni à voir ici… Du coup la question de repartir dès le lendemain matin ou pas ne se pose pas ! Mais on se demande bien ce qui fait que toutes les guesthouses sont pleines. C'est seulement au bout du 5ème établissement où nous nous arrêtons qu'on a une chambre à nous proposer ! Un peu lugubre et un peu sale mais pour 30,000 Lao Kips (US$3) par personne ça fera l'affaire. Nous ressortons ensuite boire un verre et dîner sans oublier de passer par la banque pour vérifier l'horaire d'ouverture le matin : 8h30. Ca nous fera donc un timing serré : lever 7h30 pour être à 8h au terminal pour acheter les billets de bus puis à l'ouverture de la banque pour enfin changer nos Bahts en Kips et cesser de se faire arnaquer avec le taux de conversion (on peut payer quasi partout en Bahts mais les commerçants pratiquent le taux qui les arrange) et ensuite attraper notre bus à 9h ! Au bord de la rivière nous repérons un très joli restaurant avec terrasse et même de l'animation (2 groupes de jeunes laotiens sont en train d'y dîner) mais on nous refusera sous prétexte que l'établissement ferme. Il semble que les horaires de fermeture ne soient pas les mêmes pour les Laotiens et pour les Falangs (les occidentaux) ! Nous finissons par dégotter un autre local également animé où sont grillées quelques brochettes au barbecue sur le trottoir. Nous nous installons à table et on nous emmène devant un meuble réfrigérant contenant une variété de brochettes (bien une dizaine différentes) pour faire notre choix. Nous en commandons 4 chacun (saucisse, poulet, boeuf) et une Beerlao ; la boisson nationale et ma première bière au Laos. Enfin ! L'appétit venant en mangeant, nous recommandons une fournée de brochettes notamment celle que le serveur était tout fier de nous désigner en nous expliquant qu'il s'agissait de pénis de cochon. Très, très caoutchouteux mais mangeable. Et puis c'est l'heure du repos bien mérité ; Luke avait dormi une partie du trajet en bus mais moi pas une seule seconde.
J6 : Oudom Xai-Niong Khiaw-Muang Ngoi Neua
Le programme minuté se déclenche avec la sonnerie du réveil. Nous récupérons en premier les billets de bus pour $6 chacun et un départ à 9h30 ce qui nous laisse une demi-heure de marge. Nous filons à la banque pour échanger nos Bahts (enfin $200 pour moi surtout que j'ai égaré 1 voire 2 billets de THB500…) et nous ravir de notre situation de nouveaux millionnaires ! Nous rentrons à l'hôtel qui est à mi-chemin du terminal payer la nuit pour la première fois en Kips lao, et il est déjà 9h passée quand nous chargeons nos sacs sur le toit d'une minibus Toyota (monospace LiteAce) qui nous blessera les genoux et nous tapera le cul tout au long des 4h d'une route étroite et mal asphaltée à travers les montagnes et ses villages de crête tout en maisons sur pilotis aux parois de bambous tressés ; vaches, cochons, couvée et autres volatiles s'abritant en dessous. Heureusement une grande partie des locaux descendra en chemin ce qui nous permettra de moins souffrir vers la fin. Nous ne serons plus que les 3 falangs avec Mark, un Suisse, lorsque notre minibus pénètrera dans la plus petite gare routière que j’ai jamais vue. Et sous un soleil torride nous traversons le village (ou même ville) de Niong Khiaw avec notre bardée pour rejoindre l’embarcadère. Il semble que nous devrions arriver à temps pour le bateau quotidien de 14h pour Muang Ngoi Neua. A la billetterie on nous annonce 25,000 LKI et un départ pour 14h30. Ca nous laisse le temps de nous installer sur cette magnifique terrasse pour déjeuner. J’aborde notre voisine de table, une jolie allemande blonde répondant au nom d’Annika avec laquelle nous déciderons au terme des 1h30 de bateau de partager une chambre à 3. Autant le paysage des falaises karstiques à Niong Khiaw était déjà prometteur, autant le trajet en bateau sera le plaisant début d’un séjour paradisiaque ! Le charme de la navigation pour atteindre un adorable village sans accès autre que par la rivière Nam Ou que nous avons remonté au milieu de ces magnifiques paysages. Certes beaucoup de touristes ; les bons plans des guides de tourisme sont connus par tous, et donc des hordes de Laos à l’arrivée de notre bateau pour nous emmener dans leur guesthouse qui doit comporter, pour être le comble du luxe, douche privée avec eau chaude et vue sur la rivière. Pour nous ce sera douche froide commune mais balcon avec 2 hamacs et la vue. Il en faut peu pour être heureux ! Enfin si, il manque encore 2 Beerlaos et la soirée commence de la meilleure des manières. Nous retrouvons pour dîner d’autres compagnons du bateau français et israéliens, tard, trop tard ; la cuisine étant déjà quasi fermée à 21h. Il faut dire que faisant nuit noire à 18h, la soirée commence et finit tôt. Elle ne finira pas si tôt que ça pour moi et avec un mal de crâne carabiné. Luke m’ayant demandé de jouer la mate card, je rentrerai bourré une demi-heure après et prendrai 2 paracetamols qui me permettrons de m’endormir sur le champ.
J7 : Muang Ngoi Neua
Annika qui s’était inscrite pour le bateau qui remonte vers le nord et Muang Khua car elle devait se rentre au Vietnam nous réveillera pour nous dire adieu mais après s’être rendormi, c’est peu avant 12h que nous émergerons. Même pas le temps de se doucher que nous partons pour la balade indiquée dans le Lonely qui mène à plusieurs villages. Au bout d’un quart d’heure-20 min nous arrivons à la première étape : une grotte plutôt longue et non-éclairée dont l’entrée à flanc de roche est cachée par de magnifiques Lis et Poinsettias en fleur. Comme Luke a oublié sa torche nous déambulerons à 2 à la lueur d’une lampe à la recherche de la source au fond de la grotte. Malgré la moiteur assez intense, c’est la boue rendant chaque pas dangereux comme un couperet et l’absence de chemin balisé qui rendront cette descente plus qu’aventureuse. Luke peut en parler, lui qui tombera dans un trou juste de la largeur de sa jambe et heureusement assez profond ; on ne serait pas passé loin de la fracture sinon. Arrivé au bout, c’est à dire au point où le tunnel disparaît dans l’eau, nous faisons demi-tour et il ne sera pas toujours évident de retrouver l’exact chemin par lequel nous sommes descendu. Avec tout ça et plus d’une demi-heure passée au fond il est déjà près de 14h et nous n’avons qu’à peine commencé la balade de plus de 2h30 aller-retour indiqué par le Lonely ! Et il faut être de retour avant la nuit soit avant 17h30 ! Nous reprenons donc la route, évitant soigneusement de franchir la passerelle en bambou menant à un restaurant mentionné également dans le guide, sûrement un attrape-touriste ! Mais en le longeant de l’autre côté de la rivière nous entendons une musique forte et voyons des Laotiens travailler dans la rizière asséchée (elles le sont toutes en ce début de saison sèche-c’est la récolte) ce qui nous intrigue et nous faisons demi-tour. Nous montons puis redescendons un petit escalier pour passer derrière le bâtiment du restaurant sur pilotis et arrivons dans la rizière où, dès qu’ils nous voient arriver, les laotiens nous saluent et nous invitent à les aider à porter les sacs de riz qu’ils remplissent au fur et à mesure avec les grains de riz dans leur enveloppe étalés sur une grande bâche. Cela nous permet des les observer travailler et de les photographier et surtout, pour chaque sac de riz que nous portons sur l’épaule jusqu’à un tas quelques centaines de mètres plus loin, nous recevons un verre de Lao-lao en guise de remerciement. Il s’agit d’un alcool de riz plutôt très fort distillé maison. Ca donne du cœur à l’ouvrage comme on dit ! Nous porterons bien 5-6 sacs chacun en rigolant avec les Laotiens (Luke en portera même 2 en 1 voyage) et nous ferons ainsi connaissance avec Agostina qui, là depuis plus longtemps que nous, se contentait de remplir les sacs et de les fermer avec un nœud fait avec un bout de paille. Une fois le travail achevé les paysans nous invitent à partager le repas avec eux, qui sera un repas très convivial qui nous permettra de déguster quelques spécialités locales dont des tout petits poissons grillés et d’échanger avec nos hôtes autant que leur anglais leur permettait de nous comprendre. Après avoir encore partagé quelques bières, nous prenons la route avec un sacré coup sur la tête : l’alcool fort sous un soleil torride et à jeun n’est pas ce qui se fait de mieux. L’heure avancée (déjà 15h passées) nous permettra à peine de rejoindre une grande plaine de rizière après avoir traversé un gué mais pas même le premier village, beaucoup trop loin. Nous faisons demi-tour et serons vers 16h30-17h de retour au bungalow pour apprécier une douche froide. Un des paysans laotiens nous a recommandé le restaurant de sa sœur, sensé être juste à côté de notre bungalow donc nous n’avons pas manqué d’y donner rendez-vous à Agostina à 19h pour y dîner. Et c’est accompagnée de Nahima, avec qui elle voyage, Grégoire, Aymeric, Camille et 2 filles belges : Marie et Maire qu’elle débarque. La terrasse quasiment réduite à notre table résonnera des bruyantes conversations et rires de notre assemblée bien arrosée de Beerlao et pour terminer le repas (buffle au barbecue) de 2 bouteilles de Lao-lao. Le niveau étant atteint et tous les autres restaurants étant déjà fermé comme la veille, nous nous dirigeons vers l’escalier en béton qui monte au village depuis l’embarcadère où nous commençons la fête au son et au liquide houblonné fourni par une petite cabane où quelques Laotiens dont une femme avec son enfant de 5-6 ans dormant à ses côtés se distrairont en notre compagnie. Enfin ceci concerne majoritairement le reste du groupe ; moi j’ai très rapidement commencé à compter mes doigts de pied assis sur une des marches avant que Luke ne me ramène au bungalow sans oublier un arrêt vidange dans le « caniveau » de la rue principale.

J-8 : Muang Ngoi Neua–Niong Khiaw-Luang Prabang
Autant je me suis endormi directement, autant une fois de plus, comme chaque nuit depuis le début du voyage, je me suis réveillé au milieu de la nuit et le sommeil à partir de là s’est fait plus chaotique. Là encore, comme la veille le combat de chants des coqs et les cris de nourrissons ont déchiré la pays et la tranquillité de la nuit.
J’entends Luke articuler : « wasn’t that the alarm-clock ? ». Je regarde ma montre et effectivement il est 8h ; le réveil a sonné il y a 10 minutes. La première fois que je ne l’entends pas du tout ! Pas le temps de traîner ! Il faut aller acheter les billets pour le bateau de 9h à l’embarcadère, ce dont Luke se charge ; faire les sacs, payer la chambre etc… On achète des provisions et on embarque pour quitter la larme à l’œil ce petit coin de paradis. Une heure plus tard nous voici de retour à Niong Khiaw, le temps de débarquer, monter les marches de l’embarcadère jusqu’à la billetterie, acheter 2 billets pour le bateau de 11h pour Luang Prabang, convaincre Agostina de faire le trajet en bateau avec nous tandis que les autres se rendent au terminal pour rejoindre la ville en minibus. Nous repartons bien vite pour 6h de navigation qui seront sans doute un des meilleurs et des pires moments de mon voyage. A peine 30 minutes après le départ, une violente douleur au côté gauche accompagnée d’une chaleur intense au ventre me fait me sentir extrêmement mal. Sur les conseils de Luke et Agos je m’allonge au fond du bateau ce qui me permet de faire passer la crise –la douleur étant entre temps passée du côté droit. Au bout de 2-3h, mon état sera redevenu suffisamment acceptable pour me réinstaller sur les mini-sièges dahu et profiter du paysage magnifique des falaises karstiques bordant la rivière tout particulièrement au confluent avec le Mékong que nous descendront encore une heure avant d’atteindre Luang Prabang.
Ce jour marquera le début d’une phase de voyage différente ; la préoccupation de mon état de santé due à la peur que cela foute en l’air mon voyage devenant un élément prépondérant dans les choix à venir ; le Lonely Planet insistant sur le fait que le seul service de soin correct du pays étant celui de l’Ambassade de France à Vientiane, la questions de savoir à tout moment à combien de temps je m’en trouve trottinera perpétuellement dans ma tête.
L’arrivée sur Luang Prabang nous offre un sentiment mitigé : vue du Mékong, il semble que ce ne soit qu’une petit village perché en hauteur ; décevant alors que nous nous attendons enfin à une grande ville ! Mais une fois escaladée la pente ardue partiellement recouverte de cultures comme dans n’importe quel village nous arrivons sur une vraie rue bordée d’un côté par les terrasses sur pilotis des restaurants et cafés du bord du Mékong et de l’autre par de très belles façades en grandes parties d’architecture coloniale ! Drôle de sensation ! Première impression : la ville est envahie de Falangs : beaucoup trop !!! Nous traversons la ville et notamment le marché de nuit (il est 17h30, il commence à faire noir !) à la recherche d’un ATM pour Agos et d’une guesthouse pas chère. Peu avant d’arriver à l’adresse trouvée dans le Lonely Planet et déjà assez au sud du centre, un garçon dans la rue nous entraîne à le suivre pour une chambre à 3 avec salle de bain privée pour 25,000 LKI située encore plus à l’écart de la ville (juste 1 minute plus loin comme il dit –enfin une minute laotienne quoi). Nous posons les affaires, ressortons dîner sur un stand du marché de nuit où l’assiette de légumes-pâtes-riz tiède coût 10,000 Kips puis sur internet où je me connecte pour donner de mes nouvelles pour la première fois depuis Bangkok et je laisse mes 2 compagnons profiter de leur soirée et rentre me coucher : il est 21h.

Tuesday, January 22, 2008

Temps : J+27
Dernier jour au Mexique. Il fait moche, froid et il pleut. Le Mexique est-il aussi triste que moi de me voir partir ?
8h30 : Elle me réveille. Je lui demande si elle n'a pas raté son premier cours de la matinée. Non, il a été décalé. En tout cas, moi, je vais être en retard à mon rendez-vous et il faut que je me dépêche si je ne veux pas le rater. Au moment de partir, Cecilia s'apprête à me déposer à l'arrêt de bus comme d'habitude, mais Rodri part justemnet et il se propose de me déposer.
Un arrêt de métro après MA Quevedo, il y a Viveros de Coyoacan et l'arrêt suivant est Coyoacan. Ce dernier n'est pas du tout à Coyoacan en réalité. Il y a des choses comme ça parfois... L'arrêt Viveros est tout de même à 2km à l'ouest de la Place Centrale où se trouve le Sandborn's (un magasin type FNAC) où j'ai rendez-vous. Sur mon plan de Coyoacan, je constate que l'Avenida MA Quevedo orientée Ouest-Est continue vers l'est et passe quelques "cuadras" ou rues (4 ou 5) au sud du centre. Je questionne donc le conducteur de mon micro savoir si la route (la "ruta" ; entendre la ligne de bus) continue après l'arrêt de métro, lui précisant que je me rends à Coyoacan. Il me répond avec l'habiutelle gentillesse des conducteurs à qui j'ai eu affaire jusque là, que je dois changer pour prendre un autre micro direction Taxqueña. Le chauffeur suivant m'indiquera, toujours avec la même amabilité, où descendre et dans quelle direction marcher. Et en effet,
9h20-9h30 : Je me poste devant le Sandborn's. Personne. Enfin si. Une autre femme, plutôt la trentaine, attend également. Une coïncidence assez étrange que nous ayions rendez-vous le même jour à la même heure au même endroit ! Mais elle a tout sauf le type colombien. Je continue donc à attendre. Vers 9h45, je dépense quelques pièces ("monedas") dans un téléphone public sans réussir à joindre le portable de Marcela. Elle arrivera un peu après, finalement, vers
9h50 : débouche au coin de la place une très jolie petite blonde, peau blanche et yeux clairs, colombienne ma main à couper et qui m'adresse un charmant sourire à fondre sur place dès qu'elle m'aperçoit. A son tour, elle se fond... en excuses pour son retard, je la rassure en lui expliquant que je n'avais pas non plus fait dans la ponctualité. Allons-nous directement au Musée Frida Kahlo ? Je lui conte mon départ précipité ce matin, sans prendre le temps de déjeuner et nous entrons finalement à l'Italian Coffee voisin. Après un expresso qui nous permettra de faire première connaissance de nos nombreux points communs, nous montons dans sa voiture pour parcourir la cinquantaine de mètres qui nous sépare du musée -attitude très defeños-...
Depuis un mois que je lis, et entends parler de Diego Rivera et Frida Kahlo, je vais enfin pouvoir voir leurs oeuvres et connaître un peu plus leur vie, les deux éléments étant présentés au fur et à mesure des différentes pièces de la Maison bleue.

Conçue par Diego Rivera lui-même comme une référence à la richesse culturelle et architecturale des civilisations qui ont fait l'histoire de son pays, ce gros bloc cubique est fait d'une triste pierre d'un basalte gris sombre.

Leon Trotsky que le couple aida lors de son arrivée en exil à Mexico City vécut également un moment dans cette maison. Une pièce remplie de livres, photos, affiches, copies de fresques de Diego démontre l'engagement et les opinions politiques du couple. Dans une première, des livres et de nombreuses lettres montrant leurs étroites relations avec l'élite intellectuelle et artistique de leur temps : Pablo Neruda, André Breton... Dans une lettre Rockfeller demande à Diego de retirer le visage de Lénine de la fresque qu'il lui a commandé pour un bâtiment public de New York. Cuisine, chambres sont richement décorées. Dans cette dernière Frida passa beaucoup de temps allongée. En effet, son oeuvre, constituée presque unisuqement d'auto-portraits torturés, est due à une santé fragile et à la maladie qui ne lui laissa jamais que peu de repos. En dernier lieu, l'atelier de travail de Diego recèle de nombreuses pièces dignes du Musée d'Anthropologie (sculptures, codices, céramiques...) illustrant sa ferveur à faire connaître la richesse de son peuple et l'histoire de son pays.
Surant cette visite nous continuâmes à faire connaissance tout en partageant une conversation intéressante et culturelle.
Entre les deux maisons-musées, nous partagerons un nouveau café accompagné d'une de ces pâtisseries mexicaines : à l'annanas pour moi, au chocolat pour Marcela. Cela dans un lieu que je connaissais déjà par le hasard de la veille qui m'avait amené dans un autre établissement de la fameuse chaîne Bisquet's.
La casa de Leon Trotsky, en plus de retracer l'une des phases parmi les plus ombres du XXème siècle, montre les conditions et le confort de vie tout minimaliste comme le connut Trotsky en 1940 à la veille de l'atentat qui lui fut fatal. Fenêtres et balcons murés commeune forteresse défensive et traces d'impacts de balles du premier attentat, manqué, sur le mur au-dessus de son lit.
Son bureau, ses livres, ses instruments (Ediphone, TSF, ...) montrent un bourreau de travail qu'on ne laissa pas terminer sa biographie de Stalline.
Dans la cour de la demeure, une stèle contenant ses cendres surmontée d'un drapeau rouge.

J'ai à peine le temps de connaître la faculté de musique de l'UNAM bizarrement située à Coyoacan et où Marcela étudie et, malgré le plaisir réciproque de notre companie, il est temps de se séparer pour la laisser s'enfuir vers son travail et me voir prendre une ultime fois le chemin de San Jeronimo.
14h00 : Cecilia est presque à l'heure au rendez-vous que nous nous étions fixé. Je comprends rapidement que nous n'irons pas déjeuner en compagnie de Carla et Chrystel comme cela était prévu initialement...
La maison est déserte. C'est dommage, je n'aurai pas l'occasion de faire mes adieux et remercier chaleureusement Rodri, Rafa et Pati...
Mon vol est à 21h, il faudrait donc que je sois à l'aéroport peu après 18h (mieux vaut prévoir de la marge), et par conséquent partir vers 16h, on ne sait jamais à l'avance comment roule Ciudad de Mexico.
Je prépare donc toutes mes affaires, boucle le sac des adieux à cette maison, à cette chambre. Mon équipage sort déjeuner avec nous. Destination le tacos du premier soir en bas de San Jeronimo mais dans le restaurant, à l'intérieur, cette fois. Ce sera l'occasion de tester les quelques (rares) manières d'assaisonner les tacos qui ont échappées à ma boulimie degustatrice. Viandes, pimant, coriandre, ail... tout y passera. Cecilia me prête son portable pour envoyer un SMS de remerciement à Pati. Finalement elle nous rejoindra à la fin du repas, ainsi que Jorge mais pour repartir dans la foulée sans autre forme de procès. Pati, à son tour, succombe à l'appel du devoir économique. Après avoir terminé le repas, je rappelle à Montse mon souhait de passer au Krispy Kreme pour savourer quelques uns de leurs succulents Doughnuts et pour effacer une expérience américaine douloureuse. C'est ainsi que nous nous retrouvons au Centre Commercial voisin juste de l'autre côté du "Periferico", pour commander deux boites de 6 ; une qu'elle ramènera chez elle et l'autre que nous entamons et qui ira jusque chez moi finalement.
16h00 : Il est temps de prendre la route. Bien qu'un peu chargée au début, nous arriverons à l'aéroport 45 minutes plus tard au lieu des 2 heures calculées.
16h45 : Arrêté au dépose-minute des départs vers l'international, nous profiterons de la marge de manoeuvre pour terminer ou commencer les rares discussions qui manquaient encore à notre répertoire. Ses adieux furent remplis de la promesse de venir m'importuner à Paris plus tôt que d'aventure.
17h45 : D'un pas à la lenteur mesurée, que je conserverai durant les 3 heures d'attente qui se dessinent devant mes yeux en surimpression de la blancheur et de la propreté du Hall de départ de l'aéroport Benito Juarez, je me dirige vers les comptoirs de Lufthansa. La compagnie d'outre-Rhin sera le vecteur de mon retour et de ma réhabilitation auprès de la Société Occidentale. Non sans quelques peines. Comme celle de répondre en espagnol à une question en allemand d'une hôtesse de l'air.
Une file d'attente réduite à son plus simple appareil, jeme présente en tendant billet et passeports qu'un grand sourire masculin me restitue peu de temps après. Mon sac à dos pesé et etiquetté est déjà sur les chemins roulants tapissés qu'une question anodine sur les bouteilles de Mezcal -souvenir contenues dans mon bagage à main- oblige un employé de la compagnie à courir après le gros équipage pour me le ramener. Ce contretemps m'oblige à revoir tout l'agencement intérieur des 70L de contenance pour leur incorporer 4 Litres (liquides cette fois) supplémentaires. L'ensemble part, une deuxième fois par le tapis motorisé quand un éclair de lucidité me rappelle avoir oublié de replacer le couteau suisse dans sa poche de voyage. Trop tard ! Il ne me reste plus qu'à le jeter... Je quitte enfin l'espace d'enregistrement pour me promener dans les couloirs du terminal quand plusieurs centaines de mètres plus loin me rattrappe le préposé aux bagages qui me dit qu'il doit descendre là où se trouvent les sacs et me propose de mettre mon couteau dasn mon sac. Sans trop réfléchir je lui donne le numéro de ma valise et il repart comme il est venu. Un doute m'assaille. Son comportement m'intrigue. D'autant que je me souviens la froideur avec laquelle il a accueilli mes remerciements. Je le guette un moment depuis l'extérieur de la salle d'enregistrement. Bien plus tard, le steward qui s'était occupé de moi passe et je lui expose mes suspicions. Je lui précise qu'elles ne sont sans doute pas fondées mais que le comportement m'a paru étrange. Il me demande de l'attendre et ne reviendra que longtemps après pour m'annoncer que le couteau est dans le sac. Soulagé, je peux enfin me diriger vers la zone d'embarquement, après avoir passé la douane. Il me reste encore plus d'une heure avant l'embarquement et donc après un tour des magasins duty free où l'on m'inviter à goûter une Tequila, je repère un bar avec l'idée d'y déguster ma dernière bière mexicaine. Je m'installe au comptoir, face au barman, à côté d'un jeune mexicain qui étudie l'architecture à Barcelone. D'autre poins communs encore nous ferons rapidement sympathiser, d'autant que nous retournons tous deux sur le vieux continent par le même vol, à la suite duquel nous attendrons nos correspondances respectives. Ce bar d'aéroport sera l'occasion de goûter une nouvelle bière mexicaine qui manquait à mon palmarès. Nous avons tellement passé le temps que quand nous nous rendons aux portes d'embarquement, celui-ci a presque déjà commencé. Le vol passera tranquilement entre écriture, lecture et (très peu de) vidéo. Mais presque sans réussir à dormir, entre autres à cause de violentes turbulences au dessus du cercle polaire. Je réussirai à peine à somnoler jusque Amsterdam puis nous remonterons la vallée du Rhin avant d'entamer notre descente sur Francfort. Des adieux, une nouvelle adresse dans mon petit carnet déjà bien rempli. Un nouveau saut d'une heure et quelques centaines de kilomètres et ce bon vieux Roissy me déroulera son tapis d'asphalte pour célébrer mon retour en grandes pompes.


Epilogue
C'est dans un froid et très humide matin gris de Novembre, dans un bus de la RATP qui ne fera pas grève ce jour-là, sur le chemin routinier des habitudes quotidiennes que s'achève tel un blessé dont il faut savoir abréger les souffrances ce récit enjoué, long (trop ?), enthousiasmant et riche. Le Mexique est déjà si loin dans ma tête...

Sunday, November 18, 2007

Temps : J+26
7h00 : Le réveil a du mal à passer.
7h30 : En voiture avec Rafa direction l'UNAM. Il a un cours de littérature latino-américaine à 8h auquel cela m'intéresse d'assister.
8h00 : Garons la voiture au parking du stade des Pumas, stade olympique des J.O. de 1968. De là il faut prendre le service Pumabus.
8h30 : Au stand café du Chiaps qui soutien l'EZLN Rafa me paye un café que nous emmenons en classe. En fait il n'assiste pas à ce cours, il est assistant. Une petite salle de classe, 20 élèves au total qui étaleront leur arrivée tout au long du cours. Un très bon prof, gauchiste comme il se doit et un cours sur l'écriture journalistique, des exemples, un texte à rédiger et une démonstration de manipulation de l'information et d'auto-censure de la presse.
Pendant ce temps, j'écris mon journal.
10h00 : Fin du cours. Rafa m'explique brièvement le campus mais sans plan -c'est bien simple il n'y a PAS de plans du campus, pour un campus aussi énorme en plus ! La visite s'annonce ardue.
Première corvée, je trouve la poste du campus et me débarrasse enfin de mes cartes postales. Le musée universitaire de culture est malheureusement fermé ; prochaine exposition en cours de montage. La recherche de toilettes propres avec du papier occupera une bonne partie de la visite à travers les différents bâtiments : architecture, ingénierie, médecine...
Les Pumabus ne reliant que les facultés entre elles, quand je déciderai de partir, il me faudra donc prendre un des micros blancs, qui, eux, desservent l'arrêt de métro. Au bout de 20 minutes est passé un certain nombre de micros mais quasi-tous plein à craquer et les quelques uns où il restait un semblant de place ne s'arretèrent pas pour une raison à mille lieux de mon entendement. Agacé par la situation, un mexicain et moi engageons la conversation. Après avoir laissé passer un bon moment, il me proposer de faire le chemin à pied. Je lui réponds que bien volontiers, que de manière générale je préfère marcher, que je serais déjà en chemin si j'avais pu me procurer un plan. A peine 5 minutes plus tard nous nous séparons ; il va à l'arrêt Université espérant trouver là un colectivo pour sa destination et je fais également une station mais dans l'aure sens jusque Miguel Angel Quevedo.
14h00 : Au lieu d'attraper directement le combi pour la maison, je décide de faire le début du trajet à pied et de trouver de quoi me restaurer en chemin. Après une assez longue ligne droite d'hésitation, j'entre au Bisquet's, une sorte de salon de thé-restaurant où une assiette de tostadas de pollo sera ma proie. Evidemment accompagnées d'une bonne bière. Je ressors et arrête un micro.
16h00 : A la maison, Pati m'offre à manger. C'est normal, c'est l'heure. Mon heure à moi est juste un peu plus "matinale"... TV, Wii, Internet.
20h00 : Cecilia rentre. Nous allons sortir dîner avant qu'elle ne me dépose dans le bar de la fête de diplôme que Yahir m'a proposé. Sauf qu'il faut l'appeler pour savoir quel bar et qu'il ne répond pas. Puis nous attendons que le père passe car elle veut lui demander de l'argent.
21h30 : Nous nous garons enfin au Potzolcalli. C'est un jeu de mot. En Nahuatl, calli signifie : le lieu, l'endroit. Le Pozole est une spécialité mexicaine, uen soupe, une sorte de "caldo". C'est pourquoi nous sommes ici. A la suite d'une mise en bouche de guacamole, on nous porte le bouillon où flottent légumes, viand, et de gros grains de maïs. Déjà pimenté (j'ai choisi le Pozole Rojo -rouge) je le condimente selon les pratiques locales : oignons, coriandre, tabasco et sauce pimentée. Depuis mon arrivée au Mexique, j'ai rigoureusement et médicalement augmenté mes doses de piment petit à petit ce qui, à l'image de Mithridate avec la cigüe semble avoir bien fonctionné.
23h00 : Faute d'avoir été rappelé par Yahir nous rentrons mais nous nous faisons intercepter en chemin par un appel qui nous mène chez Pao en compagnie de Jorge, Mario et un autre ami que je ne connais point à jouer à Mario Kart sur Nintendo 64 jusque 1h du matin passée.
Rentrés, Cecilia qui a cours à 8h-8h30 doit me réveiller vers 7h30 et me descendre au bus pour mon rendez-vous de 9h.

Tuesday, October 30, 2007

Temps : J+25
11h00 : Je suis debout. Pas Mon. Raté pour la balade à la recherche de salamandres au dessus de Pachuca (3 heures de route). De toute façon nous n'avions pas de voiture (les pneus de la Chevy ne sont pas en état pour faire de la caretera).
13h00 : Le père de Cecilia arrive tandis qu'elle se lève, bien malade. Faute de promenade en forêt c'est d'achats dont j'ai absolument besoin de m'occuper ; j'ai repéré où dans le Lonely. Il y a aussi la Basilica de Guadalupe à visiter. Le père envoie sa fille se coucher et me dépose à l'arrêt des micros dans sa Smart jaune.
14h30 : Virgen de Guadalupe.
Sur le Cerro de eypac est apparu la vierge à plusieurs reprises à un indien, Juan Diego vers 1530. Cette apparition est fondatrice et origine de l'expansion catholique en Amérique Latine. En effet, en plus du fait d'apparaître à un indien, signe que ces derniers font aussi partie du troupeau (comprenez genre humain), sur un montagne sacrée, selon les croyances populaires de l'époque, issues de la tradition Mexica (Aztèques), la bonne mère lui demanda d'aller voir le grand prêtre du coin, peut-être était-il même cardinal, pour qu'on lui construise une église. Evidemment le conquistador évangeliste ne croira pas l'indien, à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la vierge imprime son image sur le vêtement de Juan Diego. Le sale blanc reconnaîtra enfin son erreur. Sans cet évènement, il est peu probable que la religion catholique eût connu un succès aussi ample et considérable. Bref il aurait fallu l'inventer.
C'est dimanche, c'est la folie, tous les fidèles sont de sortie. Après un changement, le métro me dépose à l'arrêt Villa-Guadalupe, quelques centaines de mètres en dessous du bas de la petite colline. Au sommet une petite église qui commèmore le lieu de l'apparition et au pied une grande basilique aux dômes jaunes et un énorme édifice gris de béton des années 70 quand, déjà, la première se révelait trop petite pour accueillir les fidèles célébrant la Virgen de Guadalupe. Devant la Virgen del Rosario, c'est l'idole la plus vénérée d'Amérique Latine. Ca fait un paquet de milions d'adorateurs. JPII, pour avoir été le Pape canonisateur de ce saint indien a le droit à sa part de vénérations sur le chemin du sommet. La route menant aux basiliques depuis le métro est un large trottoir entouré de deux rangées d'étals, vendeurs de toutes sortes, dont beaucoup de figurines et autres babioles représentant l'image consacrée.

Sur le parvis, c'est la foule. La foule furieuse, la foule adoratrice. Des gens, des gens, des gens, des gens enceintes, des bébés, des gens enceintes portant des bébés, des enfants, des marchants à genoux avec des bébés dans les bras.



Etrange sensation que celle de l'athée short-sandale-T-shirt orange au milieu de toute cette ferveur. Enfin, l'attraction principale de ce haut-lieu touristique, ce sont les tapis-roulants en dessous de l'image tant révérée qui permettent aux fidèles de passer 2 minutes trente précises à l'admirer.
16h00 : Sortie du Métro Zocalo. Les visites du Templo Mayor et du Palacio de Bellas Artes doivent se faire aujourd'hui puisque lundi les musées sont fermés. Par contre aujourd'hui, ils sont gratuits ! Après avoir aperçu le Zocalo recouvert des tentes blanches de la fête du livre -je ne le verrai pas dans son plus simple apparat- j'entre librement dans la promenade surélevée envahie de Mexicains qui surplombe les ruines du temple le plus important de Tenochtitlan, la capital Aztèque qui fut détruite par Hernan Cortès. Ces ruines ont été découvertes dans les années 70 sous un bâtiment colonial et décision a été prise de le détruire. A travers le parcours et le musée on visualise bien les différentes étapes de construction, avec, au centre, le temple le plus ancien (~1350), y compris les étapes post-hispaniques, que ce soient les fondations des bâtiments coloniaux ou cette canalisation d'égouts en brique datant du début du XXème siècle qui a détruit les temples d'une cicatrice rectiligne.



17h20 : Deux stations avant, je descends à Bella Artes. En face de ce beau palais de style néo-classique, le palais postal. Il me manque encore quelques timbres. Mais fermé. Et puis on est dimanche...
Je rentre dans le Palais, j'admire la lourde décoration intérieure, mais on ne me laissera pas admirer plus avant, les célèbres fresques de Diego Rivera. Heure de fermeture. Au coin de l'Alameda, vaste parc planté d'arbres -comme un bois en pleine ville- la Torre Latina, à l'époque de sa construction (1950) la plus haute d'Amérique Latine (188 mètres). Le temps (long) que les deux guichetiers finissent leur comptabilité, je paye les 50 pesos pour accéder au mirador et 2 ascenseurs et 1 escalier me mèneront au 42ème étage. De là, une vue magnifique sur toute la vallée de Mexico. Enfin quand le climat et la pollution le permettent. Ce qui ne doit arriver que quelques jours dans l'année. La vue est belle malgré une portée limitée (la Basilique se distingue mal, quelques kilomères plus au nord) et encore j'ai de la chance, le temps s'est amélioré depuis ce matin.
18h30 : Heure des achats. Je me renseigne pour un magasin de spor. Je voulais un maillot d'un club mexicain : Chivas mais c'est à Guadalajara où je ne suis pas allé ou America. Mais tout le monde semble détester l'America ici et me l'a déconseillé. Le chouchou semble plutôt être les Pumas, le club de l'Université de Mexico (l'UNAM). Je choisis donc le blanc, or et bleu avec la tête de Puma.
Ensuite le marché d'artisanat que j'avais repéré. La plupart des boutiques sont germées, d'autres sont en train. J'effectue mes achats et rentre à la maison.
20h00 : LA faim est grande, je n'ai pas mangé de la journée. Pati se propose de me réchauffer de la nourriture. Je me laisse tenter par l'autre plat vu la veille : porc et pomme de terre sautées avec chicharron en salsa verde. Cela s'avère délicieux. Les chicharrons sont des couennes de porc souvent frites ici noyés dans une sauce faite à base piment.
23h00 : Mon rentre d'avoir préparé un travail avec une amie. Pas de sortie ce soir. De toute façon, le dimanche soir c'est mort. J'ai Yahir et Marcela au téléphone pour convenir, respectivement d'une soirée demain soir et d'un petit-dej/musée mardi matin. Avec Rafa est convenue ma virée à l'UNAM demain matin.

Thursday, October 25, 2007

Temps : J+24
7h00-9h00 : Dans mon sommeil, j'entends Cecilia rentrer et discuter avec Pati, sa tante. C'est le matin.
12h00 : Je suis debout. TV, Wii, Internet.
14h30 :Les emplyés de maison sont là en nombre pour faire les courses et préparer la nourriture de la semaine. En l'absence de Pati et des autres et comme Mon dort encore je leur prête 1000 pesos que devait leur laisser Pati pour les courses, histoire qu'ils ne perdent pas leur temps.
15h30 : Cecilia se lève.
16h00 : Retour des courses, la cuisinière se met au travail. J'attends qu'ele termine pour faire mon repas d'un des plats. Une demi-heure m'annonce-t-elle.
17h00 : Je mange enfin. Viande en sauce avec riz aux carottes. Mon est de retour après une sortie, régler un problème de voiture survenu la veille après la messe.
En fait, je me rends compte que cet horaire de repas que je pensais tributaire d'un lendemain de soirée est normal ici, je pense notamment du au fait que la pause déjeuner est quasi-inexistante dans les écoles et que les élèves ou étudiants mangent vers 16-17h quand ils rentrent. On me demandera souvent a
u cours des jours suivants si je désire manger dans ces eaux-là. Si je me suis levé le matin, ce ne sera quasiment jamais le cas.
18h30 : Montse m'emmène chez Jorge où ils vont se faire à manger. Les 2 sont bien défaits de la fête de la veille. Dans la cuisine, Mauricio, le frère de Jorge, et sa copine se font des hamburgers du Chili's devant le match de foot de Pumas, l'équipe de l'Université de Mexico, l'UNAM, qui perdront 3-2 à la dernière minute. En vrac dans la poelle : onion rings, frites froides, restes du Chili's, saucisses le tout arrosé d'huile. Et oui, on mange aussi sain au Mexique que partout ailleurs... Nous serons un long moment à discuter ainsi dans la cuisine, devant une autre partie, principalement des excès de la fête, conversation qui, si elle peut s'avérer drôle, n'est pas d'un intérêt marqué pour moi.
21h00 : La faim se fait sentir à nouveau et, frustré de hamburger par le Sandborns de la veille, je leur demande un bon hamburger avant que nous sortions dans un bar à la Condesa. Ce sera "Memorables Hamburguesa". Et ça portera bien son nom. Si ni Mau, ni sa copine ne mangeront (ils n'ont même pas terminé le leur tout à l'heure), Jorge et Cecilia partageront un hamburger ; à 3, nous partagerons un panier de délicieuses pommes rapées à la mandoline faites maison ; je partagerai en deux avec moi-même la star de la maison, le burger de 400g d'n bon steak haché. De quoi satisfaire correctement la faim du ventre-sur-patte.
Déposons la copine chez elle et filons sur La Condesa.
La vie sociale de couple est particulière au Mexique, comme j'ai pu le remarquer avec sous les yeux pour exmple Rodrigo et Rafa. D'abord avoir un copain ou une copine (novio, novia) est tellement normal que le cas contraire devient une tare. Peut-être une des raisons qui maintient Cecilia dans cette relation à distance bien compliqué. Ensuite, il s'agit avant tout de préserver les apparences. Même si les deux tourtereaux habitent proche et passent la majeure partie des heures de la journée ensemble, se maintient la tradition d'aller chercher la fille chez ses parents (en voiture pour les classes privilégiées) pour sortir manger ou bien la ramener chez soi. Pour mieux pouvoir la ramener chez elle enfin. Le couple ne passera jamais la nuit ensemble, même si la relation est sérieuse.
22h30-2h00 : Nous ferons deux bars-boites. Le premier où se prépare un concert live mais où nous ne resterons pas plus que le temps d'une bière, une grande salle toute de bois au premier étage, plongée dans l'obscurité au mix très eclectique du DJ.
Le deuxième, le temps de 2 consos, d'abord assis à une table au rez-de-chaussée puis montons profiter de l'ambiance boite plus chaude de l'étage. Le mix est plus logique, par vague, et l'écran géant projette un best-of des vidéos d'Alizée, passage à la Star Ac' et autres clip... !!!
La lolita française dont le moment de gloire, relativement bref en France, semble perdurer au Mexique, est en effet la seule "chanteuse" française qu'on cru bon ou su me citer plusieurs Mexicains lorsque fut abordé ce sujet de conversation.
Temps : J+23
11h00 : Je suis debout, malgré la fatigue. J'ai faim. Mon m'avait dit : soit debout à midi. Le concert commence à 14h.
14h00 : Pas de nouvelles, je l'appelle : elle dit qu'elle arrive. J'ai toujours faim.
14h30-16h00 : A peine de retour nous partons. Elle court depuis le début de la journée et ce n'est pas fini. Nous allons manger après quelques courses. Mon estomac gronde. Elle n'a pas de robe ou pas de chaussures pour le mariage ce soir ! Passons chercher Pao. Puis retirer l'argent du bouquet de la mariée. Puis repassons à la maison pour prendre ma CB. Entre temps j'ai appris que nous allons acheter ma place pour le MOTOROCKR FEST, place qui coûte entre 500 et 1000 pesos ! Je n'ai limite pas assez en liquide. Puis pressing pour la robe de Pao.
16h00 : Puis centre commercial Perisur. Rdv était pris à 16h30 puis décalé à 16h45 avec les amis de Ceci qui m'emmènent au concert. A l'entrée du Centre Commercial, nous nous séparons, Pao va faire ses courses et Ceci et moi allons manger. Salue une amie rencontrée sur le parking. Au magasin de musique pour les places. 800 ou 1000, cette dernière donnant accès à l'espace devant la scène. Les pauvres restent derrière. Je ne crois pas si bien penser. Choisissons 800 puis finalement la plus chère, la même que les amis de Mon, histoire de ne pas me retrouver seul. Ca fait son prix ! Pour ce prix-là en France, je peux aller aux Eurockéennes ou aux Vieilles Charrues, des festivals sur plusieurs jours. Remontons à l'étage de l'espace fast-food. Comme ceux déjà vu en Espagne mais surtout sur le continent américain. Plein. Retrouvons Mario. Redescendons manger au Sandborns. Je crève la dalle.
16h20 : Rdv en bas de San Jeronimo dans 25 minutes ! Entrons au Sandborns. Cecilia part chercer Pao. Mario et moi attendons pour commander. Reviennent plus de 10 minutes plus tard. Avons attendu pour rien. Je suis le seul qui mangera. Commande mon hamburger.
16h40 : Toujours pas de hamburger. Pao repartira avec Mario et demandons à emporter.
16h50 : Je mange un petit hamburger et 4 frites dans la voiture de Mon. J'ai encore faim.
17h00 : Arrêt dans une rue, avant la voie d'accès au Periferico. Un 4x4 blanc nous rejoint d'un U-turn. Je monte. Dedans 4 iconnus : 2 filles, je connais les prénoms : Chrystel et Carla, amies de Cecilia. La première que je suppose être Chrystel, jolie chataine à la peau claire et à côté de qui je m'installe et la deuxième d'un type mexicain plus classique. Celle-ci me présente Antoine -Antoño- plus âgé, type mexicain plus marqué. A gauche de Chrystel, Sergio.
18h00 : Après près d'une heure de route pour rejoindre le Foro Sol, un stade de baseball au milieu d'un virage en U de l'autodrome de Mexico, du côté de l'aéroport, Antoño nous dépose à l'entrée du parking et nous rejoignons l'entrée à pied. Discussion principale du trajet : le récit de comment, la veille au soir, le chanteur et le bassiste d'Incubus, au programme de l'évènement d'aujourd'hui, montèrent dans la voiture de Chrystel pour sortir boire un verre et de comment le chanteur lui donna son numéro. Ce récit je l'entendrai une dizaine de fois au minimum ce jour.
On me détaillera également le programme. Les 2 groupes majeurs : Incubus et The Killers qui jouent en dernier. Le concert se termine à minuit. Egalement 2 groupes mexicains particulièrement connus : Porter et surtout Molotov.
Le premier termine de jouer quand nous entrons sur le terrain dont l'herbe est recouverte d'un sol ammovible. Les 2 groupes américains semblent déternir une immense popularité auprès du public mexicain comme je le réaliserai à maintes reprises, tout particulièrement quand ils seront sur scène. Mais le prochain groupe au ptrogramme est anglais, son nom ne m'a même pas été mentionné quand j'ai demandé à mes nouveaux amis qui jouait, et c'est celui qui m'intéresse le plus de voir -ce n'est pas le cas des mexicains- c'est The Dandy Warhols !
La distinction entre Rock anglais et Rock américain reste forte y compris rapport à leurs zones d'influence respectives.
Mais l'élément principale que je veux souligner dans ce concert, c'est l'impression d'un nouveau pays, d'un nouveau Mexique. Peaux et yeux clairs et un étonnant pourcentage de crinières que je n'aurais jamais cru mexicaines : chatains, blonds... Très peu de peaux foncées/cheveux bruns lisses. Le pourcentage est exactement inverse de celui que j'avais constaté jusque là dans le pays. A 1000 pesos la place, je suis clairement entouré des moins de 1% que la couche riche voire très riche représente dans la population totale. La rupture est violente. Dans cet environnement, à peine si je détonne. Je ne suis pas sûr qu'on se doute que je suis étranger. D'ailleurs les différents groupes d'amis des filles ou de Sergio ne tilteront pas plus que ça. Peut-être est-ce du au fait que la curiosité est moindre chez ces personnes qui ont pour la plupart toutes déjà voyagé en Europe.
Porter : Rock en espagnol avec un chanteur qui n'hésite pas à pousser des vocalises de sa voie assez aigüe.
Dandy Warhols : Que dire de ce groupe de légende ? Du bon brit-rock. Dommage qu'ils n'aient joué à peine que 45 minutes.
Molotov : Un rock à la Red Hot Chili Peppers, avec des textes souvent rappés en argot parfois bien cru. Le son guitare est plus proche souvent d'un Metallica, plus hard rock que les Red Hot.
Au milieu de la foule qui commence à bien s'amasser (plus de 30000 personnes) et bien s'échauffer à partir de ce groupe que tout le Mexique, me dit-on, aime, je sens un malaise monter. Ma tête commence à tourner, je halète. J'essaye de garder mon calme, ne pas penser à la foule qui m'entoure, à l'absence d'espace vital, je ralentis ma respiration pour prendre des inspirations plus profondes. Rien n'y fait. Ma vue se brouille. La scène, les gens m'apparaissent flous. J'attrape le bras de Sergio en lui disant que je ne me sens pas bien mais dans ces moments-là, l'usage d'une autre langue est difficile. J'ai l'impression qu'il met un temps énorme à réagir mais il réagit bien, m'entrainant derrière, quand je serais allé par le côté. Déjà, mes jambes se dérobent sous mon poids et je zigzague avec peine. Un peu en arrière, il y a de l'espace et je peux m'asseoir. Cela me permettra de me remettre. Après plusieurs minutes de repos, cela va mieux. Je me relève, encore faible, et sors de la zone pour chercher à manger. Je me dis que quelques tacos bien pimentés me feront du bien. Ce sera le cas et je profiterai en paix des 2 derniers concerts. Je ne sais si c'était une crise d'hypoglycémie ou d'hypotension mais la fatigue, la faim, une certaine déshydratation sans doute ont été les facteurs déclenchants.
Incubus : Je pense, le groupe préféré des Mexicains présents. Moins le cas en ce qui me concerne. Rock + DJ avec scratchs et samples à la clef. Grosse ambiance.
The Killers : Un chanteur extravagant, rock + organs, quelques tubes, une déco et des éclairage soignés, la recette pour une fin de concert réussie.
00h30 : De retour au parking nous retrouvons Antoño et la voiture. Ce dernier, je l'ai appris entre temps, est simplement le chauffeur et nous a attendu dans le parking tout le temps du concert. En résumé, je suis allé au Motorockr Fest avec chauffeur !
1h30 : On me dépose devant l'ensemble de maison et je file me coucher.

Friday, October 19, 2007

Temps : J+22
A cause du trafic, il nous fallut 10-15 minutes pour atteindre l'arrêt du colectivo. 8h15, après 10 minutes de trajet en mini-bus(3 pesos), je suis au métro. Même trajet, en sens inverse, que la veille, même 2 pesos le trajet. A 9h, je cherche dans le hall du Terminal Norte le guichet de la compagnie qui dessert Teotihuacan. Le prochain bus est à 9h15. 28 pesos l'aller-simple, une heure. C'est un prix pour touriste ! Peu après 10h je suis sur le site. J'y passerai plus de 7h, moins d'une heure de pause pour manger, au moins 15km de marche pour parcourir les 2km nord-sud de l'axe principal, la Calazada de los muertos, les 10km² de superficie de l'ancienne capitale de l'empire le plus grand de Mésoamérique. Le sens de la visite sera en fonction de l'éclairage.

Etant donné l'orientation du site, je commencerai donc par l'ascencion de la Piramide del Sol à l'est, pour terminer par celle de la Luna, point le plus septentrionnal et enfin la Ciudadella. C'est évidemment l'escalade de ces deux points de vue qui constitue le point d'orgue de la visite, notamment les 70 mètres de hauteur de celle du Soleil, troisième plus grande pyramide du monde.

Puis musée du site, musée de la peinture murale -Teotihuacan conservant parmi les plus beaux restes de décoraations murales du pays et les divers palais à visiter.

Au point qu'à 17h20, je me présenterai à la Ciudadela, appelée ainsi à cause du mur qui l'enserre et sur lequel sont construits 12 temples, et l'on me refusera l'entrée à cause de l'heure de fermeture.
Au final, un site intéressant et impressionnant mais pas le plus beau que j'ai vu, notamment à cause de cet usage de différentes pierres de différentes couleurs dont je ne sais si c'était à l'origine ainsi ou de par la restauration. Encore une fois, il faut s'imaginer en voyant ces temples en pierre qu'ils étaient tous chalés et peints de couleurs vives, surtout du rouge.
Enfin l'impression principale qu'il me laisse est celui d'une certaine falsification. De la plupart des bâtiments, on ne voit qaue le sol et le bas des murs ce qui pourrait laisser croire qu'ils ont été sortis de terre ainsi. Mais en regardant le reste du site -foule d'autres bâtiments sensés avoir été là où on ne voit que terre et végétation, et après avoir vu les photos du site avant les premiers travaux de restauration, on réalise que pas une seule pierre que l'on voit n'est d'origine. Et que peut-être si ce site est aussi interessant, c'est juste parce que plus d'efforts et plus de travaux de restauration et reconstruction y ont été menés. L'exemple le plus frappant est justement la Pyramide del Sol, qui avant reconstruction complète fraternisait de gemellité avec la colline-pyramide de Cholula. Ce qui la faisait beaucoup moins sexy. Les spécialistes aujourd'hui jugent qu'un étage de trop a été construit par rapport à l'origine. Même sentiment que pour le théâtre antique de Vaison-la-Romaine finalement. En fait, l'incompréhension qui persiste c'est, quitte à faire le parti-pris de la reconstruction, pourquoi pas un seul édifice n'échappe à cette frustration de l'inachèvement ? Pourquoi ne pas reconstruire autels et temples au sommet des pyramides ? Pourquoi ne pas reconstruire les plafonds, toits, et l'enchev^trement des pièces des palais et des habitations ? Ajouté à cela que toutes les belles pièces : offrandes, stèles, autels, etc ont été déplacés dans divers musées. Pourquoi ne pas avoir laissé au moins une copine in-situ, que les visiteurs puissent aprécier autres choses que quelques escaliers et pierres entassées ?
A peine sorti du site, le bus est déjà là à m'attendre. Il va bien au Terminal, mais s'arrête avant à Indios Verde, le terminus de la ligne verte ce qui m'évite un changement à La Raza, changement où il faut aprcourir des kilomètres de couloirs de marbre entre les 2 lignes. Et puis je vasi pouvoir me faire une idée du temps de aprcours d'une ligvne complète de métro du nord au sud de la ville. En fait ce sera rapé pour le tmeps de parcours puisque la ligne connaîtra des problèmes techniques qui allongeront mon trajet à plus de 2h !
Après une douche bien méritée, nous sortons dîner en compagnie de Pau, une amie de Montse, les deux étant invitées du mariage du lendemain soir. La mariée étant hystorique à la veille de ce jour fatidique, cela change quelque peu les plans de la soirée puisque les filles, marraines du bouquet et amies de la mariée (il y a des parrains-marraines pour tout un tas d'éléments dans un mariage mexicain, entre autres pour la raison que ce sont eux qui payent ce qui les concerne -les filles doivent trouver 1500 pesos !) se doivent de passer chez elle la réconforter et lui tenir compagnie. Nous irons donc avec un six-pack de bière, après avoir dîné pour ma part d'une enchilada-pita et bu deux fois trois verres de la boisson nationale : la bandera (le drapeau). Principe identique au Chile en Nogada, il s'agit de 4 verres de shots vert (citronnade), blanc (tequila) et rouge (jus de tomate épicé) à boire dans l'ordre et cul-sec. Je boirai même deux tequilas de marque différentes histoire de goûter.
Dasn la maison de la mariée, assis entre les cadeaux de la noce, nous retrouveront Jorge et son frère, qui habitent le même ensemble. Tout ce beau monde fera la conversation un moment. Jorge est chaud comme la braise pour sortir dans une boite retrouver Paolina que j'avais rencontrée au King's. Mon me laissera entre ses mains car elle a cours tôt le lendemain. Nous montons chez lui où il me prête un jean et une chemise Zara, assez classe. En effet, nous allons à Santa Fe, dont j'ai déjà parlé, dans un "antro" plutôt classe élevée. Nous ne savons même pas si nous allons rentrer, vu que c'est généralement assez selec. Vu mon état de fatigue, du à l'épuisante journée, nous nous arrêtons dans une TdC (tienda du coin) ou dépanneur comme aimait à dire Mathieu, pour acheter 2 Red Bull. Arrivé devant le bâtiment -la boite est au 7ème étage d'une tour- le Valet Parking s'occupe de la voiture de Jorge (enfin celle de sa mère) et nous nous présentons aux gorilles. Pièces d'identité sont demandées masi comme je n'ai pas la mienne on explique que je suis Français et ça passe. Nous ne paieront mêe pas de cover ! L'ascenceur s'ouvre sur le 7ème et démarre la fête.
Cubas, 2 Rafaras -> 5 mañana
Carte de Jorge ne passe pas alors descente au DAB accompagné par un employé de la boite.

Wednesday, October 17, 2007

Temps : J+21
Peu avant 8h je suis debout et aussitôt habillé, aussitôt parti. Je descends à la station essence et avant d'arrêter un colectivo, j'achète de l'eau et du pain, en prévision des heures que je m'apprête à passer en plein soleil dans ce pays de climat chaud. 8h30 je paye le hcauffeur en montant (8 pesos) et peu après 9h je suis aux portes des ruines. J'attaque la visite. Il fait déjà chaud. Au total, j'aurai rencontré peut-être 4 touristes. Bref un grand moment de tranquilité dans ce site dont les deux particularités sont les niches qui recouvrent de nombreuses façades de temples (dont la fameuse pyramide des niches) et symbolisant le passage vers les mondes souterrains ; et les terrains de jeu de pelote, site où on en a retrouvé le plus grand nombre en Amérique Centrale : 17 au total. Encore une fois comme à Chichen Itza, on ne peut pas escalader les temples ce qui enlève une grande part de l'intérêt.


Enfin le site est en deux parties. La deuxième, El Tajin Chico est composée des plus beaux temples et édifices et se situe en surplomb de la première. Je suis donc le flèchage et tombe sur une barrière. Fermé ? Je franchis la ligne en suivant des ouvriers mais une fois dans la zone, on me fait signe que je n'ai pas le droit d'être ici. Ma visite du site se termine donc à cet endroit précis. Je me dirige vers l'entrée en pensant en moi-même qu'il me reste au moins le musée du site à voir. Les employés à l'entrée me disent qu'il est fermé. Je me plains d'avoir payé le plein tarif alors que n'était accessible qu'à peine la moitié du site. On compâtit et on m'explique que le dernier ouragan a beaucoup endommagé les ruines, fragilisant de nombreux édifices et qu'il s'agit donc là de mesures de sécurité. Ca n'empêche qu'il est 10h, je n'ai pas passé plus d'une heure dans le site, et j'ai vu tout ce que je voulais voir. Je récupère mon équipage et me pose au rond§point où passent les bus. Pensant gagner du temps je marche jusque la route. Le temps que je parcours les 500 mètres du chemin passe un bus qui refuse de me prendre à l'endroit où je suis. Le bus suivant me prend et passe par le site avant de se diriger vers Poza Rica. Bref encore une idée lumineuse !
30 minutes plus tard nous sommes à Poza Rica. J'ai bien fait de ne pas la choisir comme camp de base pour El Tajin. C'est une ville moche de grande activité pétrolière. En effet, avant même d'y arriver, on aperçoit de loin, les torchères brûlantes au dessus de la ville. Selon ma demande, le chauffeur du colectivo me laisse devant l'entrée du Terminal d'Autobus. Le plan est de prendre un bus pour Ciudad de Mexico et demander qu'il me laisse à San Juan Teotihuacan, le village à côté du fameux site archéologique, l'autopista devant y passer d'après la carte du Lonely Planet. Au Terminal on m'oriente vers le Terminal de 2ème classe, à celui de 1ère classe il n'y a que des directs : 192 pesos, 4h30. J'espère payer moins... Heureusement l'autre est au coin de la rue ("a la esquina"). A ma grande surprise, les compagnies de 2ème classe vendent surtout le même direct pour le même prix. Ils offrent également un service "economico" pour 160 pesos. Pas une grosse économie... Malgré celà, il ne semble pas possible de s'arrêter à San Juan, ils peuvent me déposer au péage au mieux. Je me décide à prendre pour 72 pesos un billet pour Tulancingo, bien avant Teotihuacan, en espérant y trouver un bus ou un colectivo pour San Juan. Je me rends sur le quai. Le bus, de passage, n'est pas encore là. A 11h45, heure prévue du départ, toujours pas de sieng du bus. Ca m'a laissé suffisamment de temps pour cogiter et changer d'avis. Je retourne au guichet pour voir si on accepte de changer mon billet pour un direct Mexico. Je paye le complément et me rends sur le quai "Mexico directo"' et monte immédiatement dans le bus qui part quelques minutes plus tard, il est 12h. La route montera depuis le niveau de la mer jusqu'aux 2000 mètres de l'altiplano de la vallée de Mexico. Une bien jolie route encore, qui passe par une impressionnante vallée innondée de barrage hydro-électrique et continue de grimper jusque les sommets du relief, sommets qui se révèlent être un plateau. Mon repas se réduira au seul pain qu'il me reste et une torta vers 15h.
16h30 je découvre le Terminal Norte. Je m'arrête dans le hall à una "caseta" téléphone/internet pour prévenir Cecilia de mon arrivée intempestive. Au bout de plusieurs tentatives, je réussis à la joindre. Elle a un rendez-vous et une conférence et avec le traffic ne sera pas de retour avant 22h à la maison. J'en profite pour passer une heure sur internet et me rendre en métro au centre-ville que je n'ai pas encore vu, malgré mon lourd chargement. Au guichet, je donne une pièce de 5 pesos, prends mon billet et pars. On me rappelle pour ma monnaie ! 3 pesos. 2 pesos le ticket de métro pour aller à l'autre bout du D.F.. De la ville, je verrai -la plus grande partie de nuit- l'activité de jolies rues piétonnes au sud-est de l'Alameda, je dînerai et prendrai une bière. 19h30 je retourne au métro Juarez sur la ligne terminus Université, où juste 2 arrêts avant le terminus se trouve Miguel Angel Quevedo, d'où j'attraperai après une certaine file d'attente un colectivo pour San Jeronimo. J'arrive ainsi vers 20h30 à la maison. Pati, la tante est là, pas au courant de mon retour. Je lui raconte un peu mes impressions du pays, profiterai d'internet et surtout d'une bonne douche. Minuit, Cecilia n'est toujours pas de retour. Elle arrivera un peu plus tard. Sa conférence pour l'Université s'étant terminé à 10h le temps de rentrer... On fixe les plans des prochains jours en fonction de ses disponibilités et de ce qu'elle veut faire. Tous les deux bien fatigués, il est près de 1h, au lit ! Réveil à 7h, pour partir avec elle à 7h50 pour qu'elle me dépose à l'arrêt des colectivos, puis destination : Teotihuacan.
Temps : J+20
Ce matin : Museo de Antropologia. Vers 9h je suis debout, douche. L'habituel café de marmite. Hier il y avait des toasts mais aujourd'hui juste des céréales. Mais avant de partir pour le musée un peu loin du centre-ville, il faut prendre une décision : rester une nuit de plus ou partir. El Tajin. Et après ? Tula ? Teotihuacan ? Les plages du Golfe ? Et combien de temps entre Xalapa et Papantla, où je pense dormir avant de visiter El Tajin le lendemain : 4 heures comme dit mon guide ou 8h d'après l'employé du Terminal que j'ai interrogé hier. Au cas où nous décidions de partir, nous faisons, Alexandre et moi, les sacs, rendons les clefs et descendons nos affaires à l'accueil. Enfin nous partons. En chemin, je me renseigne sur les horaires de 1ère classe pour Papantla : 16h30 et 18h30.
Nous attendons un moment le colectivo qui nous déposera devant l'entrée du musée. Il semble gigantesque vu de l'extérieur. D'une architecture originale avec des salles en enfilade en descente utilisant au mieux le relief naturel, il retrace l'histoire des grandes civilisations précolombiennes de la région. Avec un accent tout particulier sur la culture Olmèque, aussi appelée la "culture mère" dans le sens qu'en plus d'être une des plus anciennes (à partir de 2000 avant J.C.), elle a atteint un niveau de perfection étonnant et supérieur à certains de ses successeurs dans certaines techniques et enfin elle a influencé largement toutes les civilisations suivantes dans toute la Mésoamérique depuis Teotihuacan jusqu'aux Aztèques en passant par les Mayas. De quelle manière cette influence s'exerça et se reconnaît est justement un des éléments bien expliqué dans ce musée avec forces démonstrations et schémas. Enfin, ce qui est malheureusement rare dans la plupart de ce genre de musée, en plus des oeuvres d'art rituelles sont présentés des objets de la vie quotidienne. La plupart des pièces présentées sont plus intéressantes que la plupart de celles que j'avais vues jusque là de par leurs dimensions, leur niveau de détail ou leur complétion.
Pour finir, la maquette du site d'El Tajin m'a définitivement convaincu d'y aller, peu importe la difficulté. Finalement le musée, passionnant, n'était pas si grand puisqu'il ne nous fallut pas plus d'une heure pour le parcourir.
Nous rentrons directement au centre avec un resto du Lonely Planet en vue. La faim se fait grandement sentir, il est près de 13h et nous n'avions quasi-pas petit-déjeuné. Nous entrons sans regarder le menu, nous installons au bord d'une jolie cour en plein air. Il semble qu'un buffet se prépare. Il nous faut attendre quelque peu, il n'est pas encore tout à fait prêt. Les serveurs ne prennent même pas notre commande. Ils supposent avec justesse que nous prendrons le buffet. Ils se contentent juste de déposer une carafe de citronnade bien agréable sur notre table. A peine prêt, nous sommes devant les tables de service. Pour l'entrée : choix entre 2 soupes, une de carottes et une sorte de clado (bouillon avec des légumes en morceaux) mais sans viande. Puis nous passons au plat. Je fais remplir mon assiette, de taille assez conséquente, d'un peu de tout ce qui nous est offert. Viandes, pâtes, pommes de terre, riz et purée de haricots. Je n'aurai même pas besoin de me resservir tellement cette première assiette m'aura suffi. Pourtant c'est à volonté ! Je ne toucherai pas non plus au dessert un espèce de flan aux fruits rouges ou un riz au lait. Le tout pour 35 pesos. 105 pesos et nous aurons mangé tout notre saoûl à 3 ! Après le repas, je veux boire un café, aller sur internet et partir versr 15h-15h30 pour le Terminal. Les deux veulent visiter un village environnant et ils décident de partir immédiatement. Nous nous séparons au coin d'une rue. Malgré le fait d'être dans une région de café (Veracruz), je n'aurai encore une fois pas mon expresso. Même dans un marchand de café où je rentre et où je demande à goûter, on me sert un cafe Americano !
15h30, au Terminal, décidé à payer plus pour prendre le bus ADO de première classe, je demande un billet pour le prochain départ pour Papantla. Ce sera 18h30 me répond-on. Celui de 16h30 est plein. Ca me ferait arriver à 23h passées ! Je me rabats sur celui de deuxième classe qui passe toutes les heures et 14 minutes. Il m'en coûte tout de même 140 pesos. Je me pose donc devant le numéro de quai où il doit arriver avec l'habituelle angoisse de tout ce qui peut merder. Tout marche bien, à 16h04 il est là. J'interroge le chauffeur pour qu'il me fasse signe une fois à Papantla, lui demande l'heure à laquelle nous devrions arriver. 21h. Bon ça peut aller. Nous partons. Sans que j'ai eu le temps de m'en rendre compte nous sommes 1000 mètres plus bas. Le ciel, un peu moins couvert que la veille, reste chargé. Au lieu de prendre la route directe, le bus prend la route de Veracruz. La route sera très belle, du coup : à gauche, les premiers reliefs et leurs différentes nuances de vert. A droite, des lagunes, parfois communiquant directement avec, derrière, le Golfe du Mexique. Nous passons par La Antigua et Villa Rica, deux villes fondées par Hernan Cortes avant de choisir l'emplacement de Veracruz, Villa Rica est la première ville hispanique du Mexique.
La nuit tombe. 19h30. Enième arrêt sur le bas-côté devant un hôtel au bord de la plage pour prendre un groupe de passagers. Le bus cale. Il ne redémarre pas. Le chauffeur aprèys plusieurs essais infructueux part trifouiller dans le moteur. Il revient, au bout de 2-3 essais le moteur se lance mais s'arrête aussitôt. Après quelques tentatives supplémentaires, décision est prise d'abandonner le bus. Tous les passagers descendent avec leurs affaires, puis les hommes pousseront le bus pour le ranger plus proprement sur le côté. Nous allons attendre un autre bus, me dit-on. Quelques bus 1ère classe, des ADO, passent, mais je m'imagine bien que ce ne sont pas eux qui vont nous prendre. Au bout d'un quart d'heure d'attente, un arrive mais il ne va pas à Poza Rica. Tout le monde embarque dedans. Il nous déposera au croisement où il bifurque plusieurs dizaines de kim plus loin. Pas d'attente cette fois, un autre bus de la même compagnie que notre bus initial, vide, nous charge mais il nous dépose à sa destination : Casitas, le village suivant. Nous ne sommes plus que trois : le chauffeur, un homme et moi. Encore 10 minutes d'attente, il est près de 21h, je suis au bord de la route, il fait noir et je ne sais pas où je vais dormir ce soir... Enfin un bus arrive qui nous mènera à destination. 22h15 le bus me dépose à la station essence. Quelques rues en surplomb, on aperçoit l'église qui borde la place centrale. C'est parti pour le tour des hôtels de la ville. Le premier, à côté de la station est à 350 pesos la nuit. Je monte à la place centrale où à un autre dans les mêmes ordres de prix je demande de m'indiquer un logement plus économique. Le Trujillo, environ 150 pesos, à l'ouest de la place. J'arrive, fermé ! Je ferai encore 3-4 autres, fatigué, avec mon bardas sur le dos, avant d'arriver au Familiar où un homme d'âge certain me propose un lit et un ventilateur, rien de plus, pour 100 pesos. Il a l'air peiné de n'offrir que si peu alors que c'est exactement ce que je recherche ! Il monte pour m'ouvrir le passage et me montrer la chambre. C'est une chambre vaste avec 2 lits doubles en coin de rue -un peu bruyant mais bon. Comme pour se justifier, il explique que c'est 200 pesos pour 2 personnes donc 100 pesos pour une. J'aime bien son raisonnement mais ce n'est pas celui des hôteliers rencontrés jusque là. Je pose ma charge lourde et le suis voir la salle de bain. Elle est grande et très propre avec une grande douche. Fièrement, il m'annonce qu'il y a de l'eau chaude. Je lui réponds que par cette chaleur, mon plus grand plaisir est une douche froide. Il m'assure que certains clients préfèrent prendre une douche chaude par grande chaleur. Une fois payé, j'étrenne la douche immédiatement puis m'installe à écrire dans mon lit. Vers minuit et demi, j'éteins. Le réveil est mis pour 7h30.