Saturday, March 31, 2012

J15-J21


 Notre Not-Tubing s’étalera sur
J15/16/17
Au J16 nous réalisons pour la première fois les effets du vortex de Vang Vieng. Déjà 3 nuits que nous sommes «stucked into the vortex of Vang Vieng » ! Il est temps de rejoindre notre prochaine destination encore peu déterminée. Agos qui a été la plus active d’entre nous (tour des grottes et lacs avant notre arrivée, puis matinée d’escalade) a repéré le tour en kayak : au lieu de descendre à Vientiane en bus (5-6 heures de trajet) ; pour 170,000 Kips la journée, un bus nous prend avec nos bagages pour nous emmener sur la Nam Lik pour la descendre 3 heures durant puis vient nous chercher à l’arrivée pour nous emmener jusque Vientiane. C’est presque aussi rapide, pas beaucoup plus cher (100,000, soit 10€ mais le repas de midi et les kayaks et équipements sont inclus). Nous décidons donc de le faire le lendemain, mais en sortant du tubing nous faisons la fête comme d’habitude et oublions d’aller réserver. Nous décidons donc de mettre le réveil à 7h pour que Agostina aille réserver le matin même. Mais quand je toque à leur porte le matin vers 8h je n’entends qu’un « sorry » et j’en conclu que le plan n’a pas marché. J’apprendrai en me levant (vers 11h-midi) qu’il n’y avait plus de places. Ce sera donc GO pour un troisième jour de tubing sans oublier avant de réserver le kayak pour le lendemain. Tout le monde finira honnêtement cette dernière soirée : Luke qui ne se privera pas de faire la connaissance de la Suède vu que Sophie est partie, Nahima et Julien, Sami embrassera à tour de bras mais sans mettre de cartouches et quant à moi je flirterai jusqu’à un point avancé (c’est à dire jusqu’à ma chambre) avec une Islandaise au nom inprononçable mais sans conclure. Agos quant à elle sera au lit très tôt après avoir comme à l’habitude des Argentines skypé pendant des heures. Suffisamment bourré et un peu dégoûté je vais me coucher avant même la fermeture du Q-Bar. J’entendrai Luke rentrer quelques heures plus tard, m’annoncer qu’il s’est détruit la tête au whisky avec la mafia Lao (j’apprendrai plus tard qu’il ne s’agissait pas de whisky Lao mais de bouteilles à US$200 l’unité) et s’affaler sur le lit.

J18 : Vang Vieng-Vientiane-Pakse
Lever difficile surtout qu’il s’agit de faire les sacs, payer la chambre et le bus doit venir nous chercher à 9h tapante. J’ai souffert toute la nuit de 2 plaies au pied dues aux nombreuses idioties sur les rochers parfois coupants de la rivière. Le risque d’infection étant trop grand pour le prendre, je me fais accompagner en vélo par mon docteur berbère à une pharmacie pour y acheter des antibiotiques (par voie orale à défaut de pommade) –que j’avais en fait déjà dans ma trousse de médicaments- et de la Bétadine pour désinfecter la plaie. Une journée de kayak avec la plaie qui restera humide toute la journée (le coup du sac plastique autour du pied ne sera pas très efficace) n’est évidemment pas la meilleure chose dans ces conditions. Je serai de retour à 9h pile pour embarquer dans le Sawngthaew om nous attendent déjà 9 personnes dont 3 couples plus Agos et Luke dans un bien piteux état qui le poussera à s’allonger sur les backpacks du groupe entassés à l’avant du trunk arrière du bus pour dormir malgré l’horrible route tape-cul et poussiéreuse à laquelle nous aurons le droit pendant uen grosse heure pour rejoindre le pont sur la Nam-Lik qui sera notre point de départ. Les kayaks doubles déchargés, on se répartit par 2 : je serai avec Agostina (à l’arrière heureusement, ce qui est le plus intéressant) et Luke et l’autre participant célibataire se répartiront avec les 2 moniteurs Laos. On nous annonce trois rapides dont les deux premiers difficiles, la pause de midi ensuite et le troisième facile. En réalité ils seront plus qu’abordable surtout en ce début de saison sèche –encore plus avec un minimum de technique ; et le reste du temps, ce sera un bon exercice pour les épaules et les dorsaux : c’est à dire calme plat avec peu de courant. Par contre les paysages compenseront mille fois tout cela avec une rivière magnifique aux rives sauvages. Un décor enchanteur ! La pause de midi sur un gros rocher au soleil (pas pour très longtemps car il disparaîtra au fur et à mesure derrière les arbres et les falaises escarpées de la rive) où nous pourrons nous baigner et où les Laotiens feront un feu pour faire cuire des brochettes de poulet servies avec une petite baguette et du riz sauté plus quelques bananes en dessert. Nous pagayerons encore une bonne heure avant ‘atteindre le point où nos kayaks seront chargés sur le Sawngthaew avec lequel nous sommes arrivés et qui rentrera sur Vang Vieng tandis que nous embarquons avec nos sacs sur un autre pas plus confortable pour 2 heures de mangeage de poussière dont 1 de très mauvais chemin avant qu’on nous dépose au centre-ville de Vientiane. En arrivant au pays de la poussière (ce que sera plus ou moins tout le sud du pays) j’apercevrai depuis le bus un centre de formation de l’armée et même quelques policiers. Je m’étais déjà très étonné de n’avoir en plus de 15 jours dans le nord du Laos vu aucun officier de police ni militaire. C’est très étrange et conforte l’impression de tranquillité et de sécurité ressentie dans tout le pays. Tout aussi déroutant de se retrouver dans une grande ville pour la première fois depuis Bangkok –et encore, aucune comparaison possible : beaucoup de pavillons et à peine quelques immeubles de 5-8 étages. Nous ne pouvons et ne voulons pas nous attarder de toute façon. Nahima, qui ne voulait pas faire de kayak a pris le bus de 13h de Vang Vieng en compagnie du Shérif (qui lui restera quelques jours à la capitale) et Agos et elle avient déjà acheté le billet pour le bus de nuit couchette pour Sippandon (les 4000 îles) et donc notre plan est de retrouver Nahima au terminal de bus de Vientiane où nous achetons un billet pour le même bus que les filles. Un tuk-tuk nous amène donc au terminal vers 18h mais Nahima n’’y est toujours pas. Le bus sur leur ticket devait partir à19h mais quand nous achetons les billets (seulement pour Pakse où je veux faire une halte) il ne doit partir qu’à 20h. Nahima arriver plus d’une heure trente plus tard –nous nous inquiétions déjà. Je croise une Allemande voyageant avec 2 amies qui étaient dans notre Guesthouse à Vang Vieng alors que nous sommes en train de monter dans le bus. Elles font le même trajet mais avec un autre bus. Le Sleeping Bus est une vraie découverte pour moi. Je pensais avoir plus ou moins déjà vu de ce qui se fait en matière de bus de nuit avec sièges plus ou moins inclinables –souvent plutôt moins- mais là il s’agit sur 2 niveaux de compartiments de 2 mètres sur 1,5 mètres avec matelas en mousse, couvertures et oreillers. Un bon prérequis pour passer une nuit honnête. Nous nous installons tête bèche pour optimiser la place, on nous sert un riz sauté accompagné d’une immonde sauce en sachet puant le poisson et tout le monde s’endort très vite. Je dormirai moyennement bien à cause du froid de la climatisation, la couverture trop petite et le chauffeur peu avare en klaxon, très bruyant par ailleurs : à chaque fois qu’il double ou croise un véhicule, y compris un vélo ainsi qu’à chaque intersection.

J19 : Pakse-Ban Muang-Don Daeng
7h30, encore bien dans le colletard quand le bus pénètre dans ce qui ressemble à un petit terminal suivi d’une horde de chauffeurs de tuk-tuk et de mini-bus qui viennent assaillir les touristes à peine réveillés jusque dans le bus pour les emmener soit dans leur minibus pour les 4000 îles (pour 80% des passagers du bus) ou à Champasak pour visiter les ruines pré-Angkoriennes ou encore leur proposer de les mener au town center en tuk-tuk. Le temps d’émerger et d’analyser notre situation puis que nous disions au revoir aux Argentines et je me rends compte que nous sommes tout près du centre, notamment la banque où à l’ouverture, à 8h30, je pourrai échanger mes dollars, et du café Sinouk qui propose le fameux café du Plateau des Bolovens –la région productrice de café du Laos- que je veux goûter pour éventuellement en rapporter. En s’installant en terrasse, j’aborde la conversation avec Lucie, seule à sa table avec son guide du routard. Nous passerons bien 1h30-2h à faire connaissance en dégustant un croissant et mon premier expresso depuis mon départ. Un vrai plaisir… Après avoir changé mon argent pour pouvoir enfin rembourser mes dettes après de Luke, nous nous décidons pour le plan suivant : visiter le Musée de Champasak (situé à Pakse) puis le marché, de là partent des Sawngthaew pour Ban Muang au sud de Pakse au bord du Mékong et de là un bateau nous amènera à Don Daeng, une grande île sur le Mékong, plus calme et moins touristique que Don Khong, une des îles Sippandon. Dans une chaleur nettement plus forte que ce que nous avons connu jusque là, un tuk-tuk nous dépose au musée qu’entre temps Lucie et Luke ont décidé d’abandonner au profit d’un Spa & Massage. Sur 2 étages, à part quelques pièces archéologiques intéressantes mais non documentées et des armes de la guerre du Vietnam, le reste ne sont que des photos et des graphes excel imprimés en noir et blanc et stabylotés, propagande des différents ministères du gouvernement. Mais pour 10,000 Kips (1€), que demander ? Je retrouve les deux à l’extérieur, le spa n’ouvrant qu’à 15h30 et nous nous rendons au marché. Après avoir apprécié visuellement ou gastronomiquement une variété de produits, nous trouvons un Sawngthaew pour 10,000 LKI pour Ban Muang. De là, il nous faut négocier dur et consommer quelques boissons pour obtenir un bateau pour Don Daeng pour 40,000 par personne. La traversée est pourtant courte (10-15 minutes). Nous débarquons sur l’immense plage arrosée par le Mékong, point le plus septentrional de l’île. Nous nous enfonçons ensuite dans le village qui en occupe la pointe nord. Le premier bâtiment est une guesthouse (c’est ça ou logement chez l’habitant et comme je ne me suis pas douché depuis 2 jours –5 pour Luke- ; c’est sur la guesthouse que se porte notre choix) mais on nous fait signe qu’elle est complète. On nous mène donc 2 maisons plus loin, chez l’habitant donc, où après conciliabule on nous attribue à une maison. La première priorité est une douche dans la cabane en pierre servant de douche/toilette à l’extérieur de la maison puis de déjeuner (il est déjà 13h). Nous nous engageons à manger 2 fois (midi et soir (nous voulons partir tôt pour les ruines le lendemain matin) et dormir, soit par personne 30,000 plus deux fois 20,000. La femme de la maison -une maison en bois traditionnelle sur des pilotis assez élevés -2 mètres environ- 2 salles fermées ; les chambres et un espace ouvert contenant la cuisine et la pièce de vie- nous sert dans cette dernière le repas traditionnel qui se rapproche du repas dans le village Hmong : un plat de riz commun et une assiette à soupe par personne contenant carottes, patates douces, choux et poulets plus la soucoupe de piment. Nous nous en mîmes plein la panse. Après un petit repos pour éviter les heures chaudes de la journée nous nous mettons en marche pour visiter l’île. La route principale descend le long de la côté vers le sud entre temples écoles et maisons puis nous rejoignons la plage en traversant les cultures la surplombant. Un peu plus loin, une lodge à US$60 la nuit donne à Luke l’idée de consommer une bière et pouvoir ainsi profiter de la piscine, idée qui plaît à Lucie qui veut se baigner mais a un peu peur de la propreté et de la salubrité du Mékong. Nous nous installons donc en terrasse et commandons 1 Beerlao et 3 verres. 25,000 (2,5€) pour la Beerlao la plus chère que nous ayons consommé au Laos. A peine avons-nous jeté nos corps dans l’eau de la piscine qu’un serveur ou le gérant vient nous avertir que les étrangers au lodge doive payer $8 pour bénéficie de la piscine. Nous ressortons aussitôt de l’eau bien décidés à ne pas payer. Ensuite nous continuerons encore un peu sur la plage avant de retourner sur le chemin principal que nous quittons immédiatement à la recherche d’une chemin pour traverser l’île d’ouest en est, l’île faisant 10 kilomètres du nord au sud ce qui est trop pour notre balade de l’après-midi. Nous nous enfonçons à travers les champs de riz déjà récoltés et dont la paille a également été moissonné, seul le bas de quelques tiges s’offre à l’appétit des nombreux buffles parcourant la zone. Nous mettons du temps à atteindre le village sur la rive est de l’île et encore plus pour rejoindre la pointe nord et notre maison. Du coup le soleil est déjà couché quand nous rentrons. Ratée l’occasion d’un beau coucher de soleil sur le Mékong ; ce sera pour une autre fois. En rentrant nous nous installons sur la natte au sol de la pièce commune, jouons avec la petite fille de la famille le temps que la mère de maison nous prépare le dîner. Ce sera sensiblement la même constellation qu’à midi avec à la place du poulet, une petite assiette chacun de petits poissons grillés très bons dont il faut ronger la délicieuse chair autour de l’arrête centrale. La queue aussi est très savoureuse. Nous discutons avec le grand-père pendant la soirée qui parle quelques mots d’anglais. Lucie essaye surtout d’améliorer ses connaissances en Lao –sa facilité avec les langues et pour le marchandage ainsi que son instinct féminin étant les qualités qu’elle mettra en avant lorsqu’il s’agira de continuer à voyager ensemble. Encore une fois la situation du livre d’anglais sans traduction d’un niveau bien trop difficile pour une fillette de 12 ans que nous sommes sensés aider ce à quoi s’attèlera Luke mais à part l’aider avec la prononciation lors de la lecture du texte, il ne pourra faire que peu. L’exercice de traduire bêtement mot à mot à partir d’un dictionnaire anglais-lao étant relativement stupide et inutile pour un élève. Avec la nuit dans le bus et la journée chargée, et une encore plus le lendemain, à 21h nous trouvons un repos bien mérité et confortable sur le matelas à même le sol mais entouré d’une moustiquaire (nous sommes quasiment à la belle étoile si l’on oublie le toit au dessus de nos têtes), quant à Lucie elle bénéficie d’une pièce fermée (enfin façon de parler) à part. La nuit sera bonne si l’on omet le coq qui est vraiment le plus stupide des volatiles et s’en donnera à cœur joie pour rivaliser avec son chant avec tous les coqs de l’île au beau milieu de la nuit.

J20 : Don Daeng – Champasak – Wat Phu – Pakse – Ban Nakasang – Don Det
De la journée qui commence sur une île du Mékong et finit sur une île du Mékong 150 kilomètres plus au sud. Dès 5h30-6h du matin tout le monde est réveillé et actif dans la maison, seuls les 3 falangs continuent à dormir pour Luke et moi jusque des 7h30 ! Nous payons, disons adieu et remercions bien la famille et nous dirigeons vers « l’embarcadère » dont nous avions parlé avec le grand-père la veille, c’est à dire la plage de la pointe nord de l’île où des planches sur le sable se succèdent jusqu’à un petit promontoire presque inondé. Le grand-père nous rattrape avant même la plage pour nous confier à un de ses voisins qui le suivait et sera notre batelier. 10 minutes et 10,000 LKI par personne plus tard, nous nous installons au café en terrasse situé au dessus de notre point de débarquement. Nous dégustons un café (un thé pour Luke) puis demandons que nous puissions laisser nos backpack là le temps de notre visite du Wat Phu, sortons sur la rue principale (et unique) de ce petit village à la recherche d’un moyen de transport aller-retour pour les ruines. Après de nombreuses propositions et des brochettes froides de saucisses et de porc que nous jetons après les avoir goûtées, nous nous entendons sur le prix de 80,000 aller-retour avec attente aux ruines comprises avec un chauffeur de tuk-tuk et nous partons. 40 minutes d’une mauvaise route pleine de nids de poules et nous arrivons aux ruines. Il est près de 11h et nous n’avons rien mangé depuis le lever alors nous prenons un déjeuner sommaire (papaya salad, sticky rice et omelette) avant d’entre dans cette merveille de ruine pré-Angkorienne. Le sommet qui le domine, le Wat Phu, ressemble à un pénis qui est un symbole attribué à Shiva. Le fait qu’une source émerge d’une grotte a entraîné les populations à considérer la source et la montagne comme sacrés. Un long chemin entre 2 grands bassins mène à la porte du site dont il ne reste pas grand chose puis à 2 palais magnifiques derrière l’un desquels un plus petit bâtiment est dédié au taureau sacré, monture de Shiva. Puis de là, des escaliers de pierres disloquées bordés de Nagas et recouverts avec le temps de chaque côté de magnifiques et odorants frangipaniers. Au terme de l’ascension, on parvient au temple dans la Sala duquel était conservé le symbole phallique arrosé par une dérivation de la source. Maintenant une dizaine d’effigies de Bouddhas le remplace et le site fut également vénéré par la suite lorsque le bouddhisme devint la religion dominante. Au pied de la montagne derrière les temples, la source émergeant de la grotte ainsi que plusieurs images sacrées (crocodiles, éléphants, empreintes de pied de Bouddha) sont taillés à même la roche ou dans des blocs de pierres indépendants. Lorsque nous redescendons pour quitter le site vers 13h avec l’idée de rallier Pakse au plus vite pour attraper le dernier bus pour Sipandon sensé partir à 15h30, nous tombons sur Aymeric et Grégoire. Sympa de les revoir, ils ont terminés 3 jours de trip en moto dans les Bolovens et Aymeric rentre le lendemain en France. Peu avant 14h nous sommes de retour avec le tuk-tuk au restaurant où nous récupérons les sacs et devant lequel nous nous entendons avec un minivan qui est OK pour nous ramener à Pakse pour 80,000 LKI mais il ne veut nous déposer qu’au nouveau marché où la veille j’avais cherché en vain du café et je pensais retourner au Sinouk Café pour leur en acheter car ils en vendaient engrains y compris verts , origine Plateau des Bolovens. Contre plus d’argent les 2 Laotiens sont d’accord pour nous emmener jusqu’au centre. Nous refusons. Ca me laisse l’occasion de chercher un peu mieux au marché –nous n’avions pas fait tous les bâtiments la veille. Mais ce sera en vain. Le café vert en grain, je m’en doutais fortement, n’est pas une denrée que le Laotien moyen va acheter au marché… Du coup nous nous décidons pour une nouvelle tactique : nous nous séparons. Pendant que Lucie et Luke se rende en tuk-tuk au terminal de bus (à 8 kilomètres à l’extérieur de la ville) pour prendre les billets pour Don Det pour nous 3, je négocie avec un chauffeur qui s’avèrera ne pas parler un mot d’anglais qu’il m’amène au Sinouk Café puis retour jusqu’au terminal pour 30,000 LKI. Il s’arrête à un premier café puis à un deuxième qui ne sont pas le bon. C’est à ce moment que je réalise qu’il n’a pas compris la destination indiquée. Mais ni mes explications, ni le fait de lui indiquer sur la carte du Lonely Planet ne semble remédier au problème. Alors qu’il s’apprête à faire demi-tour et partir dans la mauvaise direction, il demande à un autre chauffeur arrêté au bord de la route à qui je parviens à faire comprendre le nom du café et qui l’explique à mon chauffeur. J’achète les précieux grains et 1 minutes et 1 expresso gratuit plus tard je suis à nouveau assis à côté de mon chauffeur (il s’agit d’un side-car tuk-tuk) pour 15-20 bonnes minutes à une moyenne parfois ridicule, la pauvre moto ne supportant pas bien le poids de la remorque, de son passager, son sac, surtout à contre-vent en montée. Nous pénétrons un terrain terreux, sorte de marché désaffecté, toujours autant inquiet de n’avoir peut-être pas su expliquer à nouveau ma destination. Et puis non, nous arrivons par derrière à un vieux terminal de bus en béton perdu au milieu de ce qui semble un immense terrain désaffecté qui n’est que poussière. A peine arrivé je tombe sur mes 2 compagnons qui semble m’attendre impatiemment en compagnie du chauffeur de bus. Ce ne sera pas vraiment un bus d’ailleurs mais un bon vieux Sawngthaew avec une dizaine de personnes et les paquets, sacs de riz et autres livraisons au milieu. Enfin ce ne seront que 2h30 de trajet pendant lesquelles Lucie et Luke commenceront à se rapprocher et qui sera conclut par un magnifique coucher de soleil. Puis nous arriverons à Ban Nakasang, nous négocions la traversée pour 3 pour 30,000 chacun et il est à peine 18h30 quand nous débarquons sur la plage de Ban Hua Don Det (le village au nord de Don Det). A la recherche de The Mamas and the Papas, une guesthouse recommandée par Camille, nous marchons 20 minutes vers le sud sur le chemin longeant la rive est de l’île, mais elle affiche complet de même que celles plus loin sur le même chemin, du coup nous basculons sur le plan B : retourner jusqu’en haut de l’île pour prendre le chemin longeant le côté ouest et trouver un bungalow avec vue sur le coucher de soleil sur le Mékong. Nous trouvons enfin notre bonheur pour 30,000 le bungalow, nous négocions à 20,000 pour celui de Lucie car elle est seule. A 19h30-20h après nous être installé et s’être relaxé un moment sur nos hamacs (pas les plus confortables que je connaisse mais bon) nous retournons sur l’artère est de l’île à la recherche d’un dîner et des Argentines (j’avais rencontré en arrivant un des français dreadlocks que nous avions déjà croisé à plusieurs reprises à Luang Prabang puis à Vang Vieng et il nous avait renseigné sur la guesthouse où elles restaient) –nous n’aurons pas à chercher ni l’un ni l’autre : un petit endroit sale et sombre avec seulement deux tables, appelé Monkey Bar mais le contraire de tous les restos/bars touristiques de l’île, et à l’une d’elle Nahima. Elle nous informe que bien que l’endroit ne paye pas de mine, c’est la meilleure cuisine de l’île. Les plats, entre 20 et 30,000 LKI, concoctés sur un unique feu (nous serons servis l’un après l’autre) derrière un « bar » en pierre se révèleront d’une finesse extraordinaire et nous aurons tôt fait du « restaurant » notre cantine durant ces trois jours. Pour Luke ce sera presque coconut-curry matin, midi et soir. Il se contentera aussi de samossas aux légumes le matin. Puis après avoir fait un saut sur internet juste en face où se trouvait Agos à notre arrivée, nous sortons tous ensemble à l’unique bar un peu festif de l’île, le « Pai in Laos » -Pai étant un lieu bien connu des backpackers en Thaïlande pour ses bonnes soirées, dont le propriétaire, « La » deviendra un pote. Nous y retrouverons une Marie (l’autre est rentrée à Bruxelles le lendemain de notre arrivée à Vang Vieng). Il y a tout de même un semblant de couvre-feu et le volume de la musique diminuera nettement chaque soir à 23h30, ce qui compromettra grandement les chances d’une grosse fête mais pas celles d’une bonne soirée. Même sil es prix sont nettement plus élevés qu’à V.V. Luke et Lucie rentrerons plus tôt que moi qui avait du attendre un long moment que Casey, une Australienne, ait envie de rentrer pour pouvoir la raccompagner. Elle disparaîtra cependant au milieu de la nuit de mon bungalow pour rentrer au sien et ne pas effrayer la copine avec qui elle voyage.

J21 : Don Det 
Le lever sera tardif, suivant la règle d’or : un jour de glande suit un jour super chargé (ou l’inverse). Une fois debout je cherche Luke et Lucie qui revienne vers 12h30 après avoir bu un café. Vers 14h nous sortons déjeuner à notre cantine, une petite balade, internet, et nous somme de retour vers 16h pour nous installer dans nos hamacs avec des chips et des bières et apprécier le magnifique coucher de soleil. Le soir, cantine, puis « Pai in Laos » qui sera plus calme que la veille et dodo.

Sunday, March 11, 2012

J12-J14


J12 : Phonsavanh-Phakeo
Au lever je me sens normal, nous filons donc au rendez-vous devant l’agence où nous devons laisser nos sacs pendant les 2 jours. Un chauffeur avec son minivan est là mais l’agence est fermée. Comme il ne parle pas anglais, pas trop moyen d’obtenir des informations. Alice et Luke me laisse à surveiller les sacs et partent chercher un endroit pour acheter à manger. Nous sommes sur la rue principale mais il est encore tôt, il ne fait pas encore jour, et rien ne semble ouvert. Ils aboutiront donc au marché lui au contraire tout débordant d’activité mais ne réussiront qu’à trouver des petits sacs plastiques de sticky rice (riz gluant) et un sac de morceaux de poulet pas assez cuit et que nous serons oblité de délaisser. Entre temps, le chauffeur est parti –je m’imaginais pour chercher le guide avec qui il semblait avoir téléphoner mais il revient seul. Finalement il me passe son téléphone portable et le patron de l’agence m’informe que le guide est en retard mais ne va plus tarder. Il arrivera avec 20-30 minutes de retard. Nous embarquons pour 1 heure de route vers l’est. Au village où nous descendons et faisons quelques provisions, commence notre trek. D’abord en descendant dans la vallée à travers des énormes buissons ornées de magnifiques fleurs jaunes très odorantes, un peu semblables à des tournesols. Puis nous croisons un premier village typique avec ses maisons en bois sur piloti avec la basse-cour autour. Ae, notre guide, se révèlera un garçon charmant et très intelligent parlant un bon anglais bien qu’il n’ait pas fait d’études au delà du lycée. Il nous entretiendra beaucoup de nombreux sujets très intéressants : le Laos, sa vie, le coût de la vie, la vie des Hmongs, les UXO (bombes non-explosées de la guerre du Vietnam et leur impact sur la vie des paysans de la régions, et il sera surtout la première personne à nous parler ouvertement des problèmes complexes comme la corruption. Nous montons ensuite à travers une belle forêt secondaire (d’après le Lonely –pas d’idée de ce qui fait d’une forêt une forêt secondaire) jusqu’au village Hmong en hauteur où nous passerons la nuit. Après une pause dans le village pour voir l’école, la fontaine, la meule à maïs nous continuons au-delà à nouveau à travers la forêt pour rejoindre, perdu au milieu, le site 52 de la Plaine des Jarres. Ont été recensés dans la région une centaine de site pour un total de plus de 1000 jarres grandes de 1 à 5 mètres et pouvant peser plusieurs tonnes. One ne sait quasiment rien sur le peuple qui les fabriqua et les transporta et les disposa ainsi il y a 2500 ans, souvent au sommet de collines. Plusieurs suppositions telles que site funéraire ou stockage d’eau ou d’alcool se confrontent mais il manque d’éléments pour les départager. Après un pic-nic et une bonne sieste, nous retournons au village. Alice continuera à dessiner sur son carnet tout le long de la journée, notamment les enfants du village, ce qui les intriguera énormément. Dès 16h le soleil commence à disparaître derrière les reliefs et la fraicheur s’installera très vite. Une fois la nuit tombée nous nous asseyons sur des mini-tabourets (pour ne pas être assis à même le sol nu de la maison) autour du feu pour nous réchauffer (il fait vraiment froid la nuit dans le village) sur lequel la femme du foyer prépare sous nos yeux le repas du soir dans deux pots plus un pour le riz. Assis sur les mêmes tabourets autour d’une table ronde très basse qu’elle garnira de 2 plats d’omelette, 2 plats de feuilles vertes (une sorte de chou probablement) et 2 soucoupes de piment. Les invités et les hommes dîneront (c’est à dire rempliront régulièrement leur bol de un ou plusieurs des éléments cités accompagné par du riz) pendant que la femme resservira dans els plats qui se videront au fur et à mesure. Ce n’est qu’après la fin du dîner et des traditionnelles tournées de Lao-lao au début et à la fin du repas que la femme mangera à son tour, seule pendant que les hommes discutent autour du feu. Nous profiteront encore d’un magnifique ciel étoilé av ant de nous préparer à dormir sur des matelas à même le sol sauf Alice qui aura le lit du couple parti dormi chez des voisins.

J13 : Phakeo-Phonsavannh-Vang Vieng
Lever tôt (enfin 7h30 pour Luke et moi ce qui fait au minimum 2 heures après les villageois) ; petit-déjeuner, c’est à dire exactement le même rituel et ingrédients que la veille avec du poulet (sans les meilleurs morceaux) à la place des œufs. Puis vers 8h30 c’est le départ. A pein les premier mètres avalés que le malaise de l’avant-veille me reprend. J’en aurai pour 4 heures de marche pourtant magnifique avec une sensation de chaleur, de légers vertiges et le champ visuel rétrécit et la difficulté à fixer du regard. Plusieurs ibuprofènes n’y feront rien. Je profiterai peu des 3-4 premières heures de marche à travers forêt, rizières et montagnes avec un dénivelé conséquent. Nous arrivons enfin à la chute d’eau qui sera le highlight de la journée. Après avoir du défricher les derniers 500 mètres à la machette nous atteignons le bassin au bas de la chute où nous nous précipitons nous baigner. La fraicheur de l’eau, la beauté du lieu, la violence de l’eau sous la chute seront des remèdes efficaces. Après avoir un peu plus tôt servi à fabriquer une pipe en bambou pour mes 2 accrocs à la cigarette de compagnon, puis défriché le chemin, la machette servira à couper une feuille d’un genre de bananier qui nous servira de table pour disposer la nourriture emportée du village : un sac de sticky rice et un sac avec les mêmes morceaux de poulet qu’au petit-déjeuner. Puis la meilleure partie de la journée : remontée de la cascade pendant une grosse demi-heure et 300 mètres de dénivelé, tantôt par les côtés, tantôt à même la pierre, entre troncs, sur des troncs flottants. 30 minutes de randonnée en claquettes tantôt aux pieds, tantôt à la main. Une dernière montée par des chemins terreux pour rejoindre le bomb-village, un peu décevant finalement, où seulement quelques carcasses de cluster bombs ont été utilisées comme pilotis pour faire venir le touriste. Plus tôt dans la journée, Ae nous avait demandé si nous souhaitions partir par le bus de 16h30 –faisable mais short- ou celui de 18h. Nous avions tout d’abord répondu ce dernier pour prendre notre temps mais ayant peur d’avoir quelque chose qui nécessite des soins, je lui avais demandé d’appeler (il a eu du réseau pendant quasiment tout le trek, même au fond des forêts) pour avoir celui de 16h30. Arrivé au bomb-village il reçoit l’information qu’aucun minibus ne viendra nous chercher –c’était pourtant limite la seule chose dont l’agence devait s’occuper ! et qu’il nous faut prendre un transport public. Il est déjà 15h alors nous ne traînons pas au village et nous postons au bord de la route. Ce n’est qu’au bout d’une heure que passera le premier sawngthaew qui nous déposera à l’agence à 16h25 où un gars nous attend pour nous mener en tuk-tuk 2 kilomètres plus loin à la gare routière où le bus est prêt à partir, il nous donne nos billets ainsi qu’un sac contenant de l’eau, un essuie-main et un snack –au moins ils essayent de se rattraper ! Et nous voilà sur la même route, de bonne facture jusqu’à ce qu’elle rejoigne la route 13, vraiment horrible. Au moins nous sommes assis dans un vrai bus avec plus de place pour les jambes donc et qui amortit un peu les bosses de la route. Vers 22h nous nous arrêtons pour dîner mais je n’aurais pas le droit aux nouilles sautées dont je rêvais après n’avoir mangé que du riz ces derniers jours car le restaurant n’a que de la soupe aux nouilles que nous prendrons et qui sera mauvaise. Il est minuit et demi quand nous récupérons nos affaires à la gare routière de Vang Vieng. Ayant pris le bus aussi rapidement, nous n’avons pas eu le temps de consulter internet pour voir dans quelle Guesthouse Agostina nous a réservé une chambre. Nous rejoignons la route principale et nous fions à nos oreilles qui nous emmènent juste devant le Q-Bar qui sera l’endroit où nous passerons toutes nos soirées à Vang Vieng et devant lequel un grand nombre de gens sont bruyants et bourrés (voire sous influence d’une quelconque drogue). Parmi l’attroupement de fous (nous sommes cassés après 2 jours de randonnée et 8 heures de bus) je reconnais les Maries qui savent nous dire dans quel rue nous logeons mais pas le nom de la Guesthouse. Un américain qui était dans le bus avec nous et nous avait suivi en compagnie d’Alice (qui devait retrouver son copain au Q-Bar) sort son ordi grâce auquel Luke recevrai l’email d’Agos avec les infos. A la Guesthouse on nous donne une chambre pourrie au rez-de-chaussée et nous apercevons le fantôme de Karine, une pote de Camille et nous nous couchons tout de go. Il est 1h30 du matin.

J14 : Vang Vieng
Le tour du cadran s’est avéré nécessaire pour nous deux et vers 15h nous sommes enfin à parcourir la ville à la recherche de quoi se remplir la panse (un sandwich –ce qui constituera la principale source d’alimentation de Luke ) Vang Vieng : matin, midi et soir après les soirées arrosées), aller sur internet et changer mes dollars. Comme on est samedi, la banque est fermé, il faudra donc attendre lundi matin. En attendant, je vivrai aux crochets de Luke, ce qui n’est, ni ne sera la dernière fois (il finira même par me changer mes dollars à un taux défiant toute concurrence). Nous traînons à travers la petite ville calme (dans la journée tout au moins, car les touristes soit dorment, soit sont au tubing) sous une chaleur nettement plus intense que plus au nord (l’altitude est aussi beaucoup plus faible), traversons la rivière sur un des ponts en bois reconstruits chaque année après la saison des pluies et atterrissons au Sunset Bar qui est l’endroit où les soirées continuent après la fermeture du Q-Bar ; un comptoir en bois, un feu de camp et des hamacs suspendus dans des petites cabanes ouvertes sur pilotis, juste au bord de la rivière et au pied des pics karstiques sur l’autre rive. C’est là que nous nous installons pour admirer le coucher du soleil derrière les pics avec une Beerlao bien fraîche : un test qui se révèlera concluant pour ma capacité à pouvoir apprécier Vang Vieng (c’est à dire boire de l’alcool et faire la fête). Nous pensions voir avant 18h arriver les tubings vu que c’est l’heure limite pour les rapporter et récupérer sa caution, et avec un peu de chance croiser un de nos amis mais nous en verrons très peu et aucune connaissance. Nous rentrons donc à la Guesthouse où nous retrouvons les Argentines, Camille et le Shérif. Elles nous expliquent pourquoi nous n’avions aucune chance de les apercevoir à l’arrivée : tout comme nous l’avions déjà entendu, le plus fun, dans le tubing, c’est de le faire sans tube ! Voilà le programme des journées qui seront les nôtres à partir du lendemain. Lever en toute fin de matinée avec la gueule de boise, nourriture (brunch) puis vers 13h on se met en route : on prend un tuk-tuk tous ensemble qui nous amène au départ du tubing pour 10,000 LAK par personne. Tenue règlementaire : claquette, maillot de bain et t-shirt (qui d’est l’arrivée atterrira dans le sac et n’en bougera plus jusqu’au soir). Equipement : sac étanche pour mettre les vêtements/claquettes (on se trimballe pied nu en maillot toute la journée), l’appareil photo et l’argent : 100,000 Kips  (10 US$) suffiront pour nous 2 pour la journée et beaucoup d’alcool. L’alcool justement : buckets ! Il s’agit comme son nom l’indique d’un seau de cocktail avec plusieurs pailles, idéal pour partager avec ses amis et qui coûte seulement LKI 30,000 (US$3) ! Il y aura certes également quelques Beerlao pour se reposer ou pour les jeux à boire. Recette du cocktail de base : ¾ de whisky Lao, ¼ de coca et 1 bouteille de M-150, du Red Bull concentré ; limite des amphétamines ! On comprend mieux comment on a pu tenir aussi longtemps une aussi grande quantité d’alcool ! Au départ du tubing, on nous attache un bracelet de tissu, on nous verse un shot de whisky Lao dans la bouche et c’est parti. Il en sera de même à chaque nouveau bar. On traverse la passerelle en bois pour arriver au premier bar : gigantesque plateforme sur piloti qui fait piste de danse, terrain de jeu, poste de bronzage ; on commande le premier bucket et c’est parti ! On peut aussi se poser sur de petites plateforme au ras de l’eau pour bronzer/discuter/boire les pieds dans l’eau ! Quasiment en face, le deuxième bar avec un promontoire de 5 mètres pour se jeter à l’eau. A peine 200 mètres plus loin le troisième bar au delà duquel il est difficile d’aller tant le temps passe à une vitesse propre à Vang Vieng. Tous ces bars rivalisent par leurs attractions aquatiques (plongeoirs, toboggans, trapèze) et par la force de leur sono dont les rythmes se mélangent au milieu de l’eau. A cet endroit, sur des plateformes, des Laos sont payés pour lancer des bouteilles de plastique vides (flotteurs) au bout d’une corde aux tubers de passage pour les tirer à force de bras vers leur bar. Une journée festive à jouer dans l’eau, danser et faire des connaissances. Le dernier bar que nous atteindrons chaque soir se situe un peu plus loin, est le seul terminant tardivement (c’est à dire 20h30). Quand le crépuscule s’approche (vers 17h) nous marchons 400 mètres sur la rive gauche pour rejoindre un bateau qui nous fait traverser gratuitement pour passer les dernières heures de fête autour d’un feu de bois, avec la musique qui va bien. Le même bateau nous ramènera sur l’autre rive d’où une marche un peu plus longue (500-600 mètres) nous conduira au point où les tuk-tuks attendent pour ramener les fêtards en ville. On s’entasse donc à une petite dizaine dans ces motos avec 2 bancs molletonnés face à face dans le sens de la route pour les 10 minutes que dure le trajet retour. De là, les plus courageux/bourrés/les moins fatigués continuent directement au Q-Bar mais en général nous rentrons à la Guesthnouse pour reprendre des forces en dînant les délicieuses nouilles sautées de notre Johny’s où avec les jours nous deviendrons de bons amis de la famille et des employés. Puis pour ceux encore en état, ce sera l’enchaînement classique Q-Bar, Sunset Bar –ce dernier que nous n’atteindrons pas tous les soirs.  Les personnages maintenant : les 2 Maries ont quitté Vang Vieng pendant que nous dormions, les 2 Argentines seront toujours de la partie ainsi que Sami sauf le dernier jour, Camille était trop défait par les champignons qu’il n’a pu nous accompagner que le deuxième jour et a quitté Vang Vieng le troisième. Dès le premier soir, après avoir flirté avec elle au Q-Bar et au Sunset Bar, Luke me fera à nouveau jouer la Mate Card pour une compatriote blonde aux cheveux frisés, Sophie, qui dormira dans notre lit (à 3 donc –heureusement le lit était assez large) 2 nuits durant. 3 français dont un franco-allemand qui flirtera tout le long avec Nahima pour enfin conclure le dernier soir, 2 autres belges (Florence et ?) que nous reverront à Dondet et un tas de « potes de party » complèteront le casting.

Friday, March 02, 2012

J9-J11


J-9 : Luang Prabang
Vers 11h passées les 2 compagnons accompagnés de Nahima viennent prendre de mes nouvelles ; ça peut aller après une longue nuit de repos ; et ont réservé une chambre pour nous dans une meilleur guesthouse en plein centre pour le même prix une chambre double avec sdb privée, où résident déjà Camille, Aymeric, Grégoire et Sami dont je fais la connaissance. Etude de pharmacie, il rédige 2 livres : un roman et un traité de pharmacologie tout en voyageant. Nous louons ensuite tous des vélos pour 10,000 la journée (il est déjà 13-14h) et parcourons la ville tout particulièrement les rives du Mékong et de la Nam Khong au confluent de laquelle se trouve Luang Prabang. Nous ne ferons pas de visite du temple principal, mes compagnons préférant rester sur leur selle et ne pas débourser le prix de l’entrée. Puis nous perdons Indiana Jones et Prince of Persia (Camille et Sami) qui s’installent en bord de Mékong en compagnie de Laotiens pour enquiller les Lao-laos et notamment le Cobra-lao (un lao-lao dans lequel toute sorte d’animaux –scorpions, salamandres, scolopendres, crapauds- reposent comme dans du formol. Après avoir fait un bon tour de la ville, nous rendons les vélos à 16h pour être au rendez-vous fixé auparvant : monter en haut du Phu Si, la colline surmonté d’un Stupa en or qui domine la ville. Nous avons entre temps retrouvé Sheriff (Sami) tout éméché et après avoir vu les différents temples/grottes/empreintes de Bouddha nous parvenons au sommet : noir de monde ! Un peu naïf d’avoir cru que nous serions les seuls touristes à avoir eu l’idée… Bref difficile de trouver un beau point de vue. Enfin bon ce sera un bon coucher de soleil sur la rive droite du Mékong. Nous redescendons et retournons à la chambre avant de ressortir dîner dans un resto du coin (Luke et Nahima préfèrerons retourner au stand de sandwich du midi et Agos restera à la chmabre pour téléphoner) en compagnie de 2 Allemandes qui sont parties de Muang Ngoi Neua en même temps que nous et serons rejoint par une autre Allemande, une pote de Shériff avec qui il passera la nuit laissant son Deputy (Camille) bourré et sans domicile fixe. Mais n’anticipons pas car c’est l’heure (23h) de se mettre en chemin pour le Utopia Bar ; le bar dont tout le monde nous avait parlé avant même d’arriver à Luang Prabang ! et auquel Sami avait invité toutes les personnes qu’il avait croisées depuis que nous l’avions retrouvé ! En effet : caché au fin fond d’un dédale de petites rues désertes, le secret le moins bien gardé du monde, l’entré de l’Utopia Bar est une immense tas de chaussures (enfin sandales, flip-lips etc) puis on pénètre sous un grand chapiteau/tente de bois avec toit de paille où les clients sont assis sur des coussins à même le sol derrière des tables au milieu d’un jardin luxuriant avec un terrain de Beach Volley et une terrasse sur pilotis avec vue sur la rivière et évidemment une petite centaine de Falangs au plus fort de la fête. Voilà pour le côté réjouissant. Le côté moins réjouissant c’est le couvre-feu imposé à Luang Prabang. A 23h30 le gérant du bar, un américain peu sympathique virait toute la clientèle en expliquant la menace de se faire retirer sa licence s’il ne ferme pas à temps. Les boîtes de nuit, elles, situées à l’extérieur de la ville, ferment à minuit trente ce qui n’est pas beaucoup mieux et ne vaut pas la peine. Il reste donc l’unique option : le bowling, lui aussi assez loin au sud de la ville, est géré par la mafia d’après les on-dits et reste ouvert toute la nuit. C’est pour ça que lorsque les énormes groupes de Falangs qui viennent de se faire virer du Utopia Bar débarquent sur la rue principale, des tuk-tuks et autres minibus les attendent pour les y mener. Nous embarquons à une dizaine de personne dans un minibus qui démarre musique à fond. 10 minutes et 5000 Kips par personne plus tard nous y sommes. 20,000 la partie et 30,000 la bouteille de whisky et la fête durera jusque des 3h du matin. Nous rentrons nous coucher avec le même chauffeur qui nous avait attendu.

J-10 : Luang Prabang
Le lever tardif ne change pas le programme du jour : les chutes de Tha Kuan Si, repoussé à aujourd’hui vu que je n’étais pas en super forme la veille. Devant la guesthouse, nous négocions un tuk-tuk pour nous 7 pour 30,000 Aller-Retour attente sur place comprise. Il nous dépose d’abord au stand de sandwich du début du marché où nous faisons notre repas de midi puis nous partons. Après 1 heure de route (30 km) nous y sommes vers 14h. Nous nous entendons avec le chauffeur pour repartir vers 16h. En bas une réserve d’ours d’Asie recueille et s’occupe de spécimens découverts en cage chez des braconniers. Nous escaladons la chute jusqu’au sommet d’où les pieds dans l’eau la vue sur la cascade et la région est magnifique. Il est déjà 15h30 donc nous devons redescendre en vitesse si nous voulons encore profiter des bassins et du plaisir d’une baignade au milieu des cascades avant de devoir rentrer sur Luang Prabang ce qui sera difficile car la descente est encore plus belle que la montée. Après 10-15 minutes de baignade/douche/massage par la cascade nous nous mettons en chemin et ma tong lâche, normal après autant d’escalade –pas grave cela me donnera l’occasion d’en acheter une nouvelle paire –ce qui sera fait dès le retour en ville- et découvrons un deuxième bassin plus grand avec cordes pour se jeter à l’eau. Nous regretterons beaucoup de ne nous être pas baigné dans celui-là. De retour en ville Luke et moi ressortons acheter des cartes postales et des timbres que nous écrirons dans un bookshop autour d’un thé. Vers 19h30-20h nous nous retrouvons tous avec les 2 Maries belges devant notre guesthouse pour dîner dans un petit restaurant de rue très sympa. L’ambiance sera tellement bonne que nous y resterons tard et il sera déjà 22h30 quand nous débarquerons à l’Utopia, soit moins d’une heure avant la fermeture –soit le temps de commander un verre. Le bowling n’étant drôle qu’une fois et certains étant fatigués ; nous décidons de terminer la soirée devant notre guesthouse avec une bouteille de whisky, sauf pour moi, au régime sans alcool. Nous sympathisons avec des Laos de la boutique d’à côté. Un des gars qui travaille au musée me confirme qu’il sera fermé le lendemain comme aujourd’hui (mardi comme lundi). Camille ayant déjà réservé le bus pour Phonsavanh pour Agostina et lui (Nahima reste à Luang Prabang un jour de plus et se rend ensuite directement à Vang Vieng) je me renseigne auprès de lui pour voir si Luke et moi pouvons encore avoir 2 places. Évidemment la guesthouse où il s’est procuré les billets est fermée et tout dort depuis longtemps à une heure aussi indue ! Tant pis ! Luke est d’accord, je mettrai le réveil à 7h pour filer acheter les billets pour un départ à 8h30. La soirée se continuera bien : discussion sympa avec les Laotiens, Luke qui abordera tout le monde dans la rue pour leur proposer un verre de whisky. Tout le monde finira bien attaqué. Sauf moi. Vers 2-3h je file me coucher.

J11 : Luang Prabang-Phonsavanh
Le réveil sonne à 7h, je file à l’autre guesthouse au coin de la rue et achète 2 places après petite négo pour le bus de 8h30 qui vient nous chercher devant notre Guesthouse puis je retourne me coucher et remet le réveil peu avant 8h pour faire les sacs et partir. Voilà un départ vraiment sur un coup de tête mais c’est ce que j’apprécie dans les voyages ! Un petit regret tout de même d’avoir raté le côté culturel probablement passionnant ; les compromis qu’on fait avec plaisir quand les gens en valent la peine. Nous commençons par un petit tour des Guesthouses de Luang Prabang pour passer chercher tous les passagers. Très rapidement, le Minivan sera plein à craquer y compris les sièges pliants, les dossiers nous défoncerons les genoux et nous attaquerons l’impayable route 13 sensée être la meilleure route du pays, l’unique axe nord-sud, en fait la pire. Nous ferons un arrêt d’une grosse demi-heure au terminal des minibus pour les formalités administratives que les chauffeurs semblent devoir y faire, où nous reverrons les Maries, Grégoire et Aymeric, eux en route pour Vientiane. Ainsi commence notre calvaire : un trajet de « seulement » 8 heures mais qui paraîtra beaucoup plus, notamment les 5 premières à nouveau sur les routes de crêtes de la Montagne Laotienne culminant entre 900 et 1300m mais tournant sans fin et au revêtement la plus la plupart du temps inexistant. Très rapidement les virages interminables et les rebonds sans fin seront un soporifique tellement puissant qu’il nous faudra tenter de somnoler à tout prix malgré l’impossibilité de se mettre dans une quelconque position acceptable sauf à dormir sur l’épaule de son voisin, ce que certains finiront par faire plus ou moins consciemment. C’est seulement lorsque nous atteindrons les hauts plateaux sur lesquels repose Phonsavanh (1200m) que la route redeviendra potable. En y arrivant, notre bus s’arrêtera au premier feu de circulation que nous ayons vu au Laos. Bizarre ! Après avoir trouvé une chambre et récupéré de l’argent, Luke discute avec une française au café internet, Alice qui cherche des gens pour faire le trek de Phakeo que j’avais repéré dans le Lonely. Nous discutions dans une agence où on nous dit de revenir plus tard quand le patron sera là. Nous nous posons à déguster une bière (mes premières gouttes d’alcool depuis ma dernière crise !) en terrasse avec Camille et Agostina. Nous retournons à l’agence où on nous demande 450,000 par personne pour le Trek. Sachant que nous devons payer la nourriture et le logement aux habitants du village Hmong en plus, Luke négocie à 360,000 LKI par personne. Une fois la négociation terminée, les gens de l’agence nous invite à dîner avec eux : un barbecue est allumé où des brochettes cuisent déjà et nous nous installons autour d’une petite table au bord de la rue au son de chansons de Lao-folk entonnées par un des hommes accompagné d’une guitare. Certes nous payons en réalité notre dîner (quelques miliers de Kips par brochette) mais le reste (Miam ! les sauterelles grillées) y compris les nombreuses tournées de Lao-lao sont offertes. De l’autre côté de la rue, le centre d’information du MAG (Mine Advisory Group) doit passer un film court à 19h, nous voulons yaller mais ratons la séance. Le rendez-vous pour le départ pour le trek étant fixé à 6h, c’est à dire lever une heure avant pour faire les sacs et acheter de quoi petit-déjeuner et déjeuner en chemin, nous décidons de rentrer nous coucher non sans une petite glace faite maison pour ce gourmand de Luke ce qui nous amènera à pénétrer dans la maison et discuter avec le propriétaire pendant que Luke aidera une adolescente avec son livre de cours d’anglais. Une fois à la guesthouse nous disons adieu à Camille et Agostina qui vont dés le lendemain à Vang Vieng où nous les rejoindrons un jour plus tard et où ils doivent nous réserver une chambre, notre idée étant de monter dans le bus directement après le retour à Phonsavanh ce qui nous ferait arriver vers 1h du matin. Une fois au lit, une bouffée de chaleur accompagnée de légers vertiges me préoccupent au plus haut point, ne voulant pas ruiner le trek de 2 jours déjà payé pour mes 2 compagnons.

Monday, February 06, 2012

J1-J8


05/1/2011
J-1 : Köln-Frankfurt-Singapore
Jamais, je crois, la préparation d'un voyage n'avait été si tardive ; et pourtant jamais aussi détendue et apaisée malgré l'excitation bien présente (au moins en pensées) due à l'immense inconnu qui se dresse devant moi. Ah ! retrouver la sensation, l'incertitude de mes tout premiers voyages en solitaire ! Lire le Lonely Planet et n'y voir que des mots. L'impossible projection dans le futur, même proche ! Quel plaisir rafraîchissant de refaire connaissance avec ces vieux sentiments qu'on ne pensait pas devoir revoir un jour ! Enfin quel paisible pensée celle de savoir que la seule préoccupation de ces 5 prochaines semaines sera de noircir ces pages…
Je me souhaite la bienvenue sur ce blog.

J-2 : Singapore
Peu profité de ce premier vol en A380 : entre Rien à Déclarer, 2 repas et 5-6 heures de sommeil ; les 12 heures de vol sont passées relativement vite. Les formalités à l'arrivée se déroulent sans encombre et, assis, j'attends que mon sac sorte de l'embouchure des tapis roulants. Il ne sort pas. Une petite Singapourienne comme elles le sont toutes (surtout les asiatiques) s'approche de moi et me demande si mon nom figure sur la liste qu'elle me tend. Il y est. Ce que je lui signifie. Elle m'invite alors à me rendre au bureau des objets trouvés en me précisant que mon sac n'est pas parti de Francfort. Super. En m'y rendant, j'aperçois Ol et Marie-Hélène derrière les parois vitrées qui doivent commencer à se douter qu'il y a un souci. Au bureau on m'apprend que le sac partira avec le vol Lufthansa du lendemain à la même heure. Sauf que moi je serai je-ne-sais-où en Thaïlande le lendemain à l'heure dite, vu que j'ai un billet pour le vol Singapour-Bangkok de Tiger Airways (une low-cost asiatique) de 9h40. On me propose donc de l'expédier à Bangkok directement après son arrivée à Singapour. Mais les terribles inondations récentes après d'intenses réflexions m'ont amené à revoir mes plans de voyage et partir directement pour Chiang Mai où mon sac peut également être convoyé seulement, pas avant le surlendemain matin. Pas de vols disponibles avant. Plan que je finis par accepter en tenant compte du fait que les 12h de voyage entre Bangkok et Chiang Mai ne m'amèneront au plus tôt que tard dans la nuit ou tôt le matin à destination. Cette solution est également celle qui devrait me faire perdre le moins de temps pour rallier le Laos au plus tôt. Je récupère également une trousse de toilette et 150 Dollars Singapouriens (US$80) pour parer au plus pressé. Les formalités réglées je peux enfin rejoindre et saluer mes hôtes. Le temps de trouver un taxi et le trajet pour le centre-ville et il est déjà 18h passées quand je pénètre dans le condominium de la River Valley Road où demeurent mes amis. Après une douche et un peu de repos nous ressortons vers 20h boire une Tiger (la bière Singapourienne) juste à côté du condo, puis manger au restaurant thaïlandais au bord de la rivière singapourienne au Clark Quay (prononcez Key) à peine plus loin. C'est une quartier de fête aux innombrables bars et restaurants de toute sorte (on trouve de tout à Singapour) dont l'activité en ce dimanche soir est tout bonnement stupéfiante. Je mets cela sur le compte de la veille de jour férié (une fête musulmane du genre de l'Aïd) mais Olivier m'explique que c'est comme ça tous les soirs. Architecture qui en met plein les yeux pour ces anciens hangars et bureaux portuaires restaurés. La fatigue aidant (même si je me suis réveillé de ma nuit dans l'avion vers 15h), la soirée ne s'éternise pas outre mesure et nous rentrons nous coucher. La nuit sera chaude et courte avec un corps qui se réveille à 5h du matin et un réveil qui sonne à 7h50.
J-3 : Singapore-Bangkok-Chiang Mai
A 8h30, après un petit déjeuner de pains au chocolat et café, nous montons dans les taxi pour l'aéroport et à 9h je cherche mon comptoir d'enregistrement (uniquement pour récupérer mon boarding pas, n'ayant pas de bagage à enregistrer !) En vain. L'enregistrement se clôture 45 minutes avant l'horaire du décollage. 5 minutes trop tard ! Malgré toutes mes protestations, pas moyen d'embarquer pour ce vol. Il me faudra, moyennant S$70 (US$50) me faire reporter sur le vol suivant, prévu à 12h45. Un Aller-Retour en ville n'ayant pas beaucoup de sens pour si peu de temps, je congédie mes deux amis et passerai donc la matinée au Terminal Budget de l'aéroport Changi de Singapour. Un massage de pied gratuit plus tard (grâce à une super machine à disposition dans le terminal) et quelques heures de lecture et le A320 décolle pour survoler la Malaisie et la baie de Thaïlande. 2 heures de vol et une heure de décalage (de moins) et après un aperçu de haut de l'état des inondations dans la région de Bangkok, c'est enfin l'arrivée à l'aéroport où, à l'office du tourisme, on m'informe que seuls deux trains par jour rallient Chiang Mai : un le matin et un l'après-midi depuis la gare de Hua Lamphong ainsi que le moyen de m'y rendre : en CityTrain, une sorte de métro/RER aérien surélevé comme toutes les routes importantes ce qui se révèle tout particulièrement utile en ce moment, et en métro (souterrain). La vue sur les nombreux et socialement très hétérogènes quartiers résidentiels en se rapprochant du centre-ville et leur niveau d'inondation inversement proportionnel au revenu moyen de leurs habitants -sauf les maisons les plus pauvres, qui, fidèles à l'architecture traditionnelles sont sur pilotis- est saisissante. La gare est le terminus de la ligne de métro et en même temps la station la plus proche du centre historique. Mais pas le temps de flâner, je me dirige au plus vite vers la gare en espérant,malgré l'heure tardive (déjà presque 16h) encore pouvoir prendre le train de l'après-midi. Je pénètre donc dans cette magnifique enceinte blanche et jaune (les couleurs nationales) de style colonial du début du XXème siècle rehaussée dedans comme dehors d'un imposant portrait du roi, vénéré véritablement comme un dieu. A l'entrée un garçon assis à une table indiquant "Tourist Information" s'enquiert de mes intentions et s'occupe de moi avec une grande gentillesse et beaucoup d'avenant. Il m'explique les différents horaires de train, seulement deux par jour circulent en ce moment, le voyage prenant 4h de plus que d'habitude, les inondations obligeant le train à un détour. Le train de 18h10 doit donc rallier Chiang Mai entre 6h et 8h le lendemain matin. Il m'accompagne au guichet où l'on me signifie que le train en question est "fully booked" quelque soit la classe. Il reste des places assises pour celui de 8h30 le lendemain ou des couchettes pour celui du soir. Comme je veux absolument être à Chiang Mai le lendemain, le garçon me propose le bus qui met plus longtemps ; j'accepte et il m'emmène à l'étage où pour 980 Thai Baht je peux avoir une place dans celui, climatisé, de 20h30 : le prix incluant le transfert en taxi vers le point de départ du bus et un repas à bord. Je n'ai pas trop le choix et récupère donc un billet ainsi qu'un rendez-vous à 19h30 pour le départ en taxi. Je dispose de 3h30 devant moi pour me faire une idée du centre historique (peut-être visiter le temple contenant le fameux Bouddha d'émeraude dérobé aux Laos par les Thaïs ?) et tenter d'appeler l'aéroport de Singapour vers 17h pour m'assurer de l'arrivée de mon sac. Je remonte la rue vers le quartier des temples le long de laquelle se succèdent les échoppes en tout genre : des banques aux bijouteries, aux fabricants de cercueils ! dont les ouvertures sur la rue sont toutes protégées par des murs de sacs de sable voire des parpaings -certains hauts de plus de 1 mètre- rendant l'accès au commerce en question peu praticable. La ville se prépare à une inondation massive, il semble ! Enfin, 30 bonnes minutes de marche plus tard, j'arrive au pied d'une impressionnante muraille blanche à créneaux protégeant et ne laissant dépasser que les toits pointus des temps que je contourne à la recherche d'une porte où des soldats sur le pied de guerre m'indiquent que c'est "finished". Le panneau touristique à côté, plus loquace, me renseigne sur l'heure effective de fermeture : 15h30. Peine perdue donc ! Je rejoins la rivière Chao Phraya bordant quasiment un des pans de l'enceinte carrée et décide de la descendre en bateau-bus pour rejoindre la gare. Son niveau est effectivement très haut et les nombreuses vannes qui protègent la ville des crues semblent devoir déborder sous peu. On comprend mieux les préparatifs des habitants. Je passe également le long du musée Siam : "Fermé pour cause de préparation à l'inondation" ! Les berges offrent un spectacle magnifique avec ces hautes eaux menaçant la ville et les nombreux temples bordant la rivière. Je parviens finalement à un embarcadère accessible (celui d'avant était complètement inondé) ; celui là aussi, à vrai dire, mais une passerelle de planches de bois permet d'y accéder. Mais le préposé, assis derrière son bureau les pieds dans l'eau me signifie qu'il n'y a pas de bateau qui descendent et que je dois prendre un taxi ou un tuk-tuk. Je rejoins donc la gare à pied où je suis une demi-heure avant le rendez-vous prévu ayant pris le temps de téléphoner et de recevoir confirmation que mon sac a bien rallié Singapour et qu'il sera chargé à bord de l'avion pour Chiang Mai du lendemain matin. En sirotant une bière en attendant le départ je me retrouve pour la première fois au milieu de backpackers : tous français ! Je me retourne donc et aborde la conversation avec une allemande (en fait bosnienne) derrière moi. Son copain et elle se rendent aussi à Chiang Mai, comme moi n'ont pas eu de places pour le train et se sont rabattus sur le bus de 1ère classe. Ils partent une demi-heure plus tard. Le signal du départ est donné et mis à part 2 anglophones voyageant seuls, tous les autres sont des français en couple… Le taxi sera finalement un tuk-tuk fonçant comme un dératé à travers les rues de la ville. En 10 minutes nous sommes dont à la boutique de massage/agence de tourisme/transport où le bus doit venir nous chercher : un bus Volvo à 2 étages vieux de 20-30 ans. A peine à bord une brioche et un verre d'eau nous sont servis tandis que le film démarre. Je n'en verrai pas beaucoup, mon corps me rappelant bien rapidement au sommeil. Avant cela j'ai tout de même le temps de constater, à peine sorti de Bangkok, l'étendue des dégâts : la route que nous empruntons est la seule chose avec les habitations qui émerge de l'eau ; et encore, seulement en partie : la 2x2 voies se transforme régulièrement en 2x1 voie dès que l'une des deux se retrouve également sous les eaux. Je savoure les 2-3 heures de sommeil jusqu'à ce qu'on nous réveille à 1h du matin pour la pause pipi/dîner. Il n'y a pas d'heure de repas fixe dans ce pays ! Dans une échoppe/restaurant du bord de route trois files d'attente se forment : l'une devant les toilette, l'autre devant le "buffet" auquel je renonce (riz gluant avec une sorte de noix concassées, des tranches de saucisses sucrées séchées et 3 quartiers d'oeuf dur dont le jaune tend de manière inquiétante plutôt vers le beige) pour la troisième file : une soupe de nouilles et viande typique des restaurants asiatiques. Le choix s'avèrera bon. Le bus se remet rapidement en route mais le sommeil ne veut plus être de la partie. Je le retrouverai vers 4h avant d'être réveillé à nouveau 2 heures plus tard pour la distribution de "café" : un breuvage marron clair extrêmement sucré, intermédiaire entre un café et un chocolat chaud. Une demi-heure plus tard le bus marque un premier arrêt à une gare routière. C'est déjà Chiang Mai. Les backpackers descendront au deuxième arrêt : une agence de tourisme/restaurant plus proche du centre-ville où nous attendent tuk-tuk et songthaew. Il est quasimment 7h du matin.

J-4: Chiang Mai-Chiang Khong
Comme aucun café n'est encore ouvert à cette heure si matinale, je me promène à travers la ville le long de l'axe Nord-Sud. Il s'agit d'une ville fortifiée carrée entourée d'eau (les douves) et de quelques tronçons de murailles de briques encore debout. Je me pose dans une pension pour boire un café et écrire en compagnie des touristes prenant le petit-déjeuner probablement inclus dans le prix de leur séjour. Vers 9h30 je me remets en route pour visiter la ville et ses nombreux et magnifiques tempes dont l'un abrita le Bouddha d'émeraude avant qu'il soit transféré au Laos puis volé par les Thaïs et ramené à Bangkok. Par tradition, certains temples sont voués à des moines célèbres et vénérés pour la sagesse et le niveau d'élévation qu'ils ont atteint. Parfois il s'agit d'une photo mais parfois c'est une réplique en cire grandeur nature du moine avant sa mort qui figure au centre du temple. Ces personnages de cire sont si ressemblants que cela déclenche parfois une irrésistible et violente chair de poule quand, en pénétrant dans un temple, on croit que la figure est une vraie personne…
Je continue mon trajet jusqu'au nord où après avoir visité le plus beau et plus vieux temple de Chiang Mai il est déjà 11h quand je commence à héler un tuk-tuk pour m'amener à l'aéroport : un Thaï très serviable arrête un Songthaew qui est sensé m'amener à l'aéroport. Il s'agit d'un mini-utilitaire (pick-up) japonais donc le tronc arrière est flanqué de deux bancs parallèles à la route et abrités d'une toile. 10-15 minutes plus tard me voici au terminal, j'entre par la porte des arrivées et explique au gars de la sécurité que je dois récupérer mon bagage expédié depuis Singapour par le vol de Silk Air. Il me laisse franchir le contrôle de sécurité sans plus de questions ni contrôle d'identité et j'aperçois le tapis roulant où défilent déjà les bagages en provenance de Singapour. J'aperçois ensuite le "Bagage Service" où j'attend qu'une dame termine son réquisitoire avant d'expliquer ma situation mais entre temps mon sac se présente sur le tapis et je le récupère avant de me présenter à l'employé à qui j'explique ma situation et montre mon document de l'aéroport de Singapour. Il note juste le numéro de réclamation et me laisse partir. Je passe 10 minutes à transférer certaines affaires entre sac à dos et backpack ainsi que me brosser les dents avant de ressortir et demander au premier Songthaew de m'amener à la gare routière où le bus pour Chiang Khong part à 13h d'après le Lonely. Il est 12h15 quand je m'insère dans l'énorme file d'attente devant les 3 guichets de la compagnie Green Bus. Après 30 minutes d'attente je prends mon billet pour le bus de 13h30. Cool, une demi-heure de rabe ce qui me permet de m'installer dans un des restaurants qui bordent le terminal. J'y retrouve justement un couple de français avec qui j'avais discuté dans le bus depuis Bangkok qui terminent de déjeuner. Je commande un riz sauté au porc que je dévore en 10 minutes pour être 1 quart d'heure en avance au bus. Je charge mon sac en soute ; vraiment bizarre de voyager avec 15 kilos sur le dos ; et je m'installe à ma place au premier rang. Vue imprenable sur la route qui durera 6h30 avec de nombreux arrêts intermédiaires. Au dernier arrêt je descend pisser dans les toilettes du terminal pour 3 THB et remarque un backpacker seul en train de fumer une cigarette. Comme je n'ai pas de guide de la Thaïlande et donc de conseil où dormir à Chiang Khong, je l'aborde mais il voyage sans guide et sans montre. Nous décidons quand même à l'arrivée à Chiang Khong de prendre un tuk-tuk ensemble qui nous amène au plus près du quai d'où partent les longboats qui franchissent la frontière (le Mékong) et après avoir visité 2-3 guesthouses nous nous décidons pour une chambre à 2 lits pour 300 THB donc US$5 chacun. Nous dînons également à la guesthouse et je me régale de saucisses de porc frites panées. Avant le dîner nous avions déjà acheté 2 bières (Leo) pour l'apéritif ainsi que quelques feux d'artifices ; en effet, la lune étant quasiment pleine, nous étions un jour de fête (première pleine lune de la saison sèche). Nous descendîmes sur les quais du Mékong pour allumer le paquet de feux d'artifice que nous avions payé 140 THB (US$5). Nous organisâmes un très beau petit spectacle pyrotechnique aidé par 2 Thaïs un peu plus loin avec leur montgolfière dont la source de chaleur était un engin explosif, et malgré une des fusées que j'allumai dans le mauvais sens et qui me brûla légèrement la jambe avant de percuter la poitrine du pauvre Luke sauvé par le paquet de cigarettes dans la poche de sa chemise. Suffisamment de frayeur pour la journée, nous filons nous coucher ; il est déjà minuit passé. Je mets le réveil pour admirer le lever du soleil sur le Mékong. Ma première nuit de backpacker ne sera pas la meillleure : impossible de m'endormir et mon compagnon de voyage qui s'avère être un ronfleur invétéré puis vers 5h du matin une violente averse me fait renoncer à me lever étant donné que celui du soleil ne sera pas très agréable mouillé ; je finis par me ®endormir enfin mais à 7h du matin d'une maison voisine s'élève une puissante musique qui durera 1h30-2h. Je dormirai finalement jusque 11h30.

J5 : Chiang Khong-Huay Xai- Oudom Xai
Après la douche nous nous dirigeons vers l'embarcadère puis à la recherche du poste d'immigration thaïlandais où nous faisons connaissance avec Nicki et Tati, deux allemandes. Nous réglons les formalités de frontière ensemble puis embarquons dans un longboat pour traverser le majestueux Mékong pour 40 THB.
Enfin au Laos !!! 5 jours après mon départ ! Comme il est 12h30 le poste d'immigration laotien est fermé et nous devons attendre le retour du fonctionnaire de sa pause de midi pour faire les formalités : payer US$30 pour le visa laotien et obtenir le tampon sur nos passeports. Pendant ce temps nous discutâmes de nos plans respectifs et avec un Laotien très sympathique des possibilités qui s'offrent à nous. Les filles veulent filer directement sur Luang Prabang et d'après le Laotien, le bus part du terminal (à 7 kilomètres de là) à 17h pour arriver à 5h du matin. Luke voudrait attraper un bateau non-touristique pour descendre le Mékong mais doit bien vite renoncer et se décider à me suivre et chercher un bus pour Oudom Xai (le bus de Luang Prabang y fait halte) et effectivement nous prenons un tuk-tuk/songthaew tous les 4 pour le terminal où un bus local part 10 minutes plus tard (il est quasi 14h) pour Luang Prabang. C'est relativement pratique pour nous car nous devrions arriver vers 20h (le guide dit 6h de route) mais moins pour les allemandes qui ne devraient pas débarquer avant 2h du matin à Luang Prabang et y trouver un endroit pour dormir à une heure pareille ! La route est plutôt récente mais notre bus n'avance pas (il pousse surtout dans les innombrables montées que nous devons affronter : nous sommes dans une pays très accidenté !). La différence est notable bien que n'ayons fait que traverser un fleuve mais le pays est incroyablement plus pauvre. Les quelques villages que nous traversons sont en réalité des hameaux formés de quelques maisons sur pilotis regroupés autour d'une fontaine/douche/lavoir. Il fait déjà nuit noire à 19h quand nous rencontrons la première ville : Luang Namtha où nous nous arrêtons 45 minutes. Enfin nous pouvons nous restaurer ! Nous mourrons de faim dans le bus depuis le départ n'ayant même pas mangé à midi (ni depuis le réveil pour moi). La gare routière n'est pas mieux que celle de Huay Xai même si la ville est sensée être beaucoup plus peuplée : une construction en béton ouverte au milieu d'un grand terrain boueux ou poussiéreux selon l'humidité. Ca pue la campagne, particulièrement agréable en dégustant ma soupe. Plus que 2h de route ce qui devrait nous permettre d'arriver à une heure correcte pour trouver un hébergement. Enfin c'est ce que je pensais. Après avoir traversé le petit bout de plaine entourant Luang Namtha nous attaquons un nouveau massif avec ses pentes qui font bien peiner notre pauvre vieux bus des années 60 qui traverse sans précipitations les routes de crête et des passages à plus de 1000 mètres d'altitude. L'impressionnante clarté de la pleine lune me permet de continuer à contempler le paysage des montagnes laos malgré la nuit noire depuis déjà plusieurs heures. Il sera 23h quand nous nous arrêterons devant le terminal d'Oudom Xai. Première tâche : vérifier les horaires de bus pour Nion Kiaw, notre prochaine étape, le lendemain. Mon guide d'en annonce qu'un par jour à 9h du matin et c'est ce qui est également affiché sur place. Ensuite, trouver une chambre. Pour la plus grande ville du nord du Laos, c'est plutôt déprimant. On se demande presque pourquoi on est pas resté dans le bus : rien à faire ni à voir ici… Du coup la question de repartir dès le lendemain matin ou pas ne se pose pas ! Mais on se demande bien ce qui fait que toutes les guesthouses sont pleines. C'est seulement au bout du 5ème établissement où nous nous arrêtons qu'on a une chambre à nous proposer ! Un peu lugubre et un peu sale mais pour 30,000 Lao Kips (US$3) par personne ça fera l'affaire. Nous ressortons ensuite boire un verre et dîner sans oublier de passer par la banque pour vérifier l'horaire d'ouverture le matin : 8h30. Ca nous fera donc un timing serré : lever 7h30 pour être à 8h au terminal pour acheter les billets de bus puis à l'ouverture de la banque pour enfin changer nos Bahts en Kips et cesser de se faire arnaquer avec le taux de conversion (on peut payer quasi partout en Bahts mais les commerçants pratiquent le taux qui les arrange) et ensuite attraper notre bus à 9h ! Au bord de la rivière nous repérons un très joli restaurant avec terrasse et même de l'animation (2 groupes de jeunes laotiens sont en train d'y dîner) mais on nous refusera sous prétexte que l'établissement ferme. Il semble que les horaires de fermeture ne soient pas les mêmes pour les Laotiens et pour les Falangs (les occidentaux) ! Nous finissons par dégotter un autre local également animé où sont grillées quelques brochettes au barbecue sur le trottoir. Nous nous installons à table et on nous emmène devant un meuble réfrigérant contenant une variété de brochettes (bien une dizaine différentes) pour faire notre choix. Nous en commandons 4 chacun (saucisse, poulet, boeuf) et une Beerlao ; la boisson nationale et ma première bière au Laos. Enfin ! L'appétit venant en mangeant, nous recommandons une fournée de brochettes notamment celle que le serveur était tout fier de nous désigner en nous expliquant qu'il s'agissait de pénis de cochon. Très, très caoutchouteux mais mangeable. Et puis c'est l'heure du repos bien mérité ; Luke avait dormi une partie du trajet en bus mais moi pas une seule seconde.
J6 : Oudom Xai-Niong Khiaw-Muang Ngoi Neua
Le programme minuté se déclenche avec la sonnerie du réveil. Nous récupérons en premier les billets de bus pour $6 chacun et un départ à 9h30 ce qui nous laisse une demi-heure de marge. Nous filons à la banque pour échanger nos Bahts (enfin $200 pour moi surtout que j'ai égaré 1 voire 2 billets de THB500…) et nous ravir de notre situation de nouveaux millionnaires ! Nous rentrons à l'hôtel qui est à mi-chemin du terminal payer la nuit pour la première fois en Kips lao, et il est déjà 9h passée quand nous chargeons nos sacs sur le toit d'une minibus Toyota (monospace LiteAce) qui nous blessera les genoux et nous tapera le cul tout au long des 4h d'une route étroite et mal asphaltée à travers les montagnes et ses villages de crête tout en maisons sur pilotis aux parois de bambous tressés ; vaches, cochons, couvée et autres volatiles s'abritant en dessous. Heureusement une grande partie des locaux descendra en chemin ce qui nous permettra de moins souffrir vers la fin. Nous ne serons plus que les 3 falangs avec Mark, un Suisse, lorsque notre minibus pénètrera dans la plus petite gare routière que j’ai jamais vue. Et sous un soleil torride nous traversons le village (ou même ville) de Niong Khiaw avec notre bardée pour rejoindre l’embarcadère. Il semble que nous devrions arriver à temps pour le bateau quotidien de 14h pour Muang Ngoi Neua. A la billetterie on nous annonce 25,000 LKI et un départ pour 14h30. Ca nous laisse le temps de nous installer sur cette magnifique terrasse pour déjeuner. J’aborde notre voisine de table, une jolie allemande blonde répondant au nom d’Annika avec laquelle nous déciderons au terme des 1h30 de bateau de partager une chambre à 3. Autant le paysage des falaises karstiques à Niong Khiaw était déjà prometteur, autant le trajet en bateau sera le plaisant début d’un séjour paradisiaque ! Le charme de la navigation pour atteindre un adorable village sans accès autre que par la rivière Nam Ou que nous avons remonté au milieu de ces magnifiques paysages. Certes beaucoup de touristes ; les bons plans des guides de tourisme sont connus par tous, et donc des hordes de Laos à l’arrivée de notre bateau pour nous emmener dans leur guesthouse qui doit comporter, pour être le comble du luxe, douche privée avec eau chaude et vue sur la rivière. Pour nous ce sera douche froide commune mais balcon avec 2 hamacs et la vue. Il en faut peu pour être heureux ! Enfin si, il manque encore 2 Beerlaos et la soirée commence de la meilleure des manières. Nous retrouvons pour dîner d’autres compagnons du bateau français et israéliens, tard, trop tard ; la cuisine étant déjà quasi fermée à 21h. Il faut dire que faisant nuit noire à 18h, la soirée commence et finit tôt. Elle ne finira pas si tôt que ça pour moi et avec un mal de crâne carabiné. Luke m’ayant demandé de jouer la mate card, je rentrerai bourré une demi-heure après et prendrai 2 paracetamols qui me permettrons de m’endormir sur le champ.
J7 : Muang Ngoi Neua
Annika qui s’était inscrite pour le bateau qui remonte vers le nord et Muang Khua car elle devait se rentre au Vietnam nous réveillera pour nous dire adieu mais après s’être rendormi, c’est peu avant 12h que nous émergerons. Même pas le temps de se doucher que nous partons pour la balade indiquée dans le Lonely qui mène à plusieurs villages. Au bout d’un quart d’heure-20 min nous arrivons à la première étape : une grotte plutôt longue et non-éclairée dont l’entrée à flanc de roche est cachée par de magnifiques Lis et Poinsettias en fleur. Comme Luke a oublié sa torche nous déambulerons à 2 à la lueur d’une lampe à la recherche de la source au fond de la grotte. Malgré la moiteur assez intense, c’est la boue rendant chaque pas dangereux comme un couperet et l’absence de chemin balisé qui rendront cette descente plus qu’aventureuse. Luke peut en parler, lui qui tombera dans un trou juste de la largeur de sa jambe et heureusement assez profond ; on ne serait pas passé loin de la fracture sinon. Arrivé au bout, c’est à dire au point où le tunnel disparaît dans l’eau, nous faisons demi-tour et il ne sera pas toujours évident de retrouver l’exact chemin par lequel nous sommes descendu. Avec tout ça et plus d’une demi-heure passée au fond il est déjà près de 14h et nous n’avons qu’à peine commencé la balade de plus de 2h30 aller-retour indiqué par le Lonely ! Et il faut être de retour avant la nuit soit avant 17h30 ! Nous reprenons donc la route, évitant soigneusement de franchir la passerelle en bambou menant à un restaurant mentionné également dans le guide, sûrement un attrape-touriste ! Mais en le longeant de l’autre côté de la rivière nous entendons une musique forte et voyons des Laotiens travailler dans la rizière asséchée (elles le sont toutes en ce début de saison sèche-c’est la récolte) ce qui nous intrigue et nous faisons demi-tour. Nous montons puis redescendons un petit escalier pour passer derrière le bâtiment du restaurant sur pilotis et arrivons dans la rizière où, dès qu’ils nous voient arriver, les laotiens nous saluent et nous invitent à les aider à porter les sacs de riz qu’ils remplissent au fur et à mesure avec les grains de riz dans leur enveloppe étalés sur une grande bâche. Cela nous permet des les observer travailler et de les photographier et surtout, pour chaque sac de riz que nous portons sur l’épaule jusqu’à un tas quelques centaines de mètres plus loin, nous recevons un verre de Lao-lao en guise de remerciement. Il s’agit d’un alcool de riz plutôt très fort distillé maison. Ca donne du cœur à l’ouvrage comme on dit ! Nous porterons bien 5-6 sacs chacun en rigolant avec les Laotiens (Luke en portera même 2 en 1 voyage) et nous ferons ainsi connaissance avec Agostina qui, là depuis plus longtemps que nous, se contentait de remplir les sacs et de les fermer avec un nœud fait avec un bout de paille. Une fois le travail achevé les paysans nous invitent à partager le repas avec eux, qui sera un repas très convivial qui nous permettra de déguster quelques spécialités locales dont des tout petits poissons grillés et d’échanger avec nos hôtes autant que leur anglais leur permettait de nous comprendre. Après avoir encore partagé quelques bières, nous prenons la route avec un sacré coup sur la tête : l’alcool fort sous un soleil torride et à jeun n’est pas ce qui se fait de mieux. L’heure avancée (déjà 15h passées) nous permettra à peine de rejoindre une grande plaine de rizière après avoir traversé un gué mais pas même le premier village, beaucoup trop loin. Nous faisons demi-tour et serons vers 16h30-17h de retour au bungalow pour apprécier une douche froide. Un des paysans laotiens nous a recommandé le restaurant de sa sœur, sensé être juste à côté de notre bungalow donc nous n’avons pas manqué d’y donner rendez-vous à Agostina à 19h pour y dîner. Et c’est accompagnée de Nahima, avec qui elle voyage, Grégoire, Aymeric, Camille et 2 filles belges : Marie et Maire qu’elle débarque. La terrasse quasiment réduite à notre table résonnera des bruyantes conversations et rires de notre assemblée bien arrosée de Beerlao et pour terminer le repas (buffle au barbecue) de 2 bouteilles de Lao-lao. Le niveau étant atteint et tous les autres restaurants étant déjà fermé comme la veille, nous nous dirigeons vers l’escalier en béton qui monte au village depuis l’embarcadère où nous commençons la fête au son et au liquide houblonné fourni par une petite cabane où quelques Laotiens dont une femme avec son enfant de 5-6 ans dormant à ses côtés se distrairont en notre compagnie. Enfin ceci concerne majoritairement le reste du groupe ; moi j’ai très rapidement commencé à compter mes doigts de pied assis sur une des marches avant que Luke ne me ramène au bungalow sans oublier un arrêt vidange dans le « caniveau » de la rue principale.

J-8 : Muang Ngoi Neua–Niong Khiaw-Luang Prabang
Autant je me suis endormi directement, autant une fois de plus, comme chaque nuit depuis le début du voyage, je me suis réveillé au milieu de la nuit et le sommeil à partir de là s’est fait plus chaotique. Là encore, comme la veille le combat de chants des coqs et les cris de nourrissons ont déchiré la pays et la tranquillité de la nuit.
J’entends Luke articuler : « wasn’t that the alarm-clock ? ». Je regarde ma montre et effectivement il est 8h ; le réveil a sonné il y a 10 minutes. La première fois que je ne l’entends pas du tout ! Pas le temps de traîner ! Il faut aller acheter les billets pour le bateau de 9h à l’embarcadère, ce dont Luke se charge ; faire les sacs, payer la chambre etc… On achète des provisions et on embarque pour quitter la larme à l’œil ce petit coin de paradis. Une heure plus tard nous voici de retour à Niong Khiaw, le temps de débarquer, monter les marches de l’embarcadère jusqu’à la billetterie, acheter 2 billets pour le bateau de 11h pour Luang Prabang, convaincre Agostina de faire le trajet en bateau avec nous tandis que les autres se rendent au terminal pour rejoindre la ville en minibus. Nous repartons bien vite pour 6h de navigation qui seront sans doute un des meilleurs et des pires moments de mon voyage. A peine 30 minutes après le départ, une violente douleur au côté gauche accompagnée d’une chaleur intense au ventre me fait me sentir extrêmement mal. Sur les conseils de Luke et Agos je m’allonge au fond du bateau ce qui me permet de faire passer la crise –la douleur étant entre temps passée du côté droit. Au bout de 2-3h, mon état sera redevenu suffisamment acceptable pour me réinstaller sur les mini-sièges dahu et profiter du paysage magnifique des falaises karstiques bordant la rivière tout particulièrement au confluent avec le Mékong que nous descendront encore une heure avant d’atteindre Luang Prabang.
Ce jour marquera le début d’une phase de voyage différente ; la préoccupation de mon état de santé due à la peur que cela foute en l’air mon voyage devenant un élément prépondérant dans les choix à venir ; le Lonely Planet insistant sur le fait que le seul service de soin correct du pays étant celui de l’Ambassade de France à Vientiane, la questions de savoir à tout moment à combien de temps je m’en trouve trottinera perpétuellement dans ma tête.
L’arrivée sur Luang Prabang nous offre un sentiment mitigé : vue du Mékong, il semble que ce ne soit qu’une petit village perché en hauteur ; décevant alors que nous nous attendons enfin à une grande ville ! Mais une fois escaladée la pente ardue partiellement recouverte de cultures comme dans n’importe quel village nous arrivons sur une vraie rue bordée d’un côté par les terrasses sur pilotis des restaurants et cafés du bord du Mékong et de l’autre par de très belles façades en grandes parties d’architecture coloniale ! Drôle de sensation ! Première impression : la ville est envahie de Falangs : beaucoup trop !!! Nous traversons la ville et notamment le marché de nuit (il est 17h30, il commence à faire noir !) à la recherche d’un ATM pour Agos et d’une guesthouse pas chère. Peu avant d’arriver à l’adresse trouvée dans le Lonely Planet et déjà assez au sud du centre, un garçon dans la rue nous entraîne à le suivre pour une chambre à 3 avec salle de bain privée pour 25,000 LKI située encore plus à l’écart de la ville (juste 1 minute plus loin comme il dit –enfin une minute laotienne quoi). Nous posons les affaires, ressortons dîner sur un stand du marché de nuit où l’assiette de légumes-pâtes-riz tiède coût 10,000 Kips puis sur internet où je me connecte pour donner de mes nouvelles pour la première fois depuis Bangkok et je laisse mes 2 compagnons profiter de leur soirée et rentre me coucher : il est 21h.

Tuesday, January 22, 2008

Temps : J+27
Dernier jour au Mexique. Il fait moche, froid et il pleut. Le Mexique est-il aussi triste que moi de me voir partir ?
8h30 : Elle me réveille. Je lui demande si elle n'a pas raté son premier cours de la matinée. Non, il a été décalé. En tout cas, moi, je vais être en retard à mon rendez-vous et il faut que je me dépêche si je ne veux pas le rater. Au moment de partir, Cecilia s'apprête à me déposer à l'arrêt de bus comme d'habitude, mais Rodri part justemnet et il se propose de me déposer.
Un arrêt de métro après MA Quevedo, il y a Viveros de Coyoacan et l'arrêt suivant est Coyoacan. Ce dernier n'est pas du tout à Coyoacan en réalité. Il y a des choses comme ça parfois... L'arrêt Viveros est tout de même à 2km à l'ouest de la Place Centrale où se trouve le Sandborn's (un magasin type FNAC) où j'ai rendez-vous. Sur mon plan de Coyoacan, je constate que l'Avenida MA Quevedo orientée Ouest-Est continue vers l'est et passe quelques "cuadras" ou rues (4 ou 5) au sud du centre. Je questionne donc le conducteur de mon micro savoir si la route (la "ruta" ; entendre la ligne de bus) continue après l'arrêt de métro, lui précisant que je me rends à Coyoacan. Il me répond avec l'habiutelle gentillesse des conducteurs à qui j'ai eu affaire jusque là, que je dois changer pour prendre un autre micro direction Taxqueña. Le chauffeur suivant m'indiquera, toujours avec la même amabilité, où descendre et dans quelle direction marcher. Et en effet,
9h20-9h30 : Je me poste devant le Sandborn's. Personne. Enfin si. Une autre femme, plutôt la trentaine, attend également. Une coïncidence assez étrange que nous ayions rendez-vous le même jour à la même heure au même endroit ! Mais elle a tout sauf le type colombien. Je continue donc à attendre. Vers 9h45, je dépense quelques pièces ("monedas") dans un téléphone public sans réussir à joindre le portable de Marcela. Elle arrivera un peu après, finalement, vers
9h50 : débouche au coin de la place une très jolie petite blonde, peau blanche et yeux clairs, colombienne ma main à couper et qui m'adresse un charmant sourire à fondre sur place dès qu'elle m'aperçoit. A son tour, elle se fond... en excuses pour son retard, je la rassure en lui expliquant que je n'avais pas non plus fait dans la ponctualité. Allons-nous directement au Musée Frida Kahlo ? Je lui conte mon départ précipité ce matin, sans prendre le temps de déjeuner et nous entrons finalement à l'Italian Coffee voisin. Après un expresso qui nous permettra de faire première connaissance de nos nombreux points communs, nous montons dans sa voiture pour parcourir la cinquantaine de mètres qui nous sépare du musée -attitude très defeños-...
Depuis un mois que je lis, et entends parler de Diego Rivera et Frida Kahlo, je vais enfin pouvoir voir leurs oeuvres et connaître un peu plus leur vie, les deux éléments étant présentés au fur et à mesure des différentes pièces de la Maison bleue.

Conçue par Diego Rivera lui-même comme une référence à la richesse culturelle et architecturale des civilisations qui ont fait l'histoire de son pays, ce gros bloc cubique est fait d'une triste pierre d'un basalte gris sombre.

Leon Trotsky que le couple aida lors de son arrivée en exil à Mexico City vécut également un moment dans cette maison. Une pièce remplie de livres, photos, affiches, copies de fresques de Diego démontre l'engagement et les opinions politiques du couple. Dans une première, des livres et de nombreuses lettres montrant leurs étroites relations avec l'élite intellectuelle et artistique de leur temps : Pablo Neruda, André Breton... Dans une lettre Rockfeller demande à Diego de retirer le visage de Lénine de la fresque qu'il lui a commandé pour un bâtiment public de New York. Cuisine, chambres sont richement décorées. Dans cette dernière Frida passa beaucoup de temps allongée. En effet, son oeuvre, constituée presque unisuqement d'auto-portraits torturés, est due à une santé fragile et à la maladie qui ne lui laissa jamais que peu de repos. En dernier lieu, l'atelier de travail de Diego recèle de nombreuses pièces dignes du Musée d'Anthropologie (sculptures, codices, céramiques...) illustrant sa ferveur à faire connaître la richesse de son peuple et l'histoire de son pays.
Surant cette visite nous continuâmes à faire connaissance tout en partageant une conversation intéressante et culturelle.
Entre les deux maisons-musées, nous partagerons un nouveau café accompagné d'une de ces pâtisseries mexicaines : à l'annanas pour moi, au chocolat pour Marcela. Cela dans un lieu que je connaissais déjà par le hasard de la veille qui m'avait amené dans un autre établissement de la fameuse chaîne Bisquet's.
La casa de Leon Trotsky, en plus de retracer l'une des phases parmi les plus ombres du XXème siècle, montre les conditions et le confort de vie tout minimaliste comme le connut Trotsky en 1940 à la veille de l'atentat qui lui fut fatal. Fenêtres et balcons murés commeune forteresse défensive et traces d'impacts de balles du premier attentat, manqué, sur le mur au-dessus de son lit.
Son bureau, ses livres, ses instruments (Ediphone, TSF, ...) montrent un bourreau de travail qu'on ne laissa pas terminer sa biographie de Stalline.
Dans la cour de la demeure, une stèle contenant ses cendres surmontée d'un drapeau rouge.

J'ai à peine le temps de connaître la faculté de musique de l'UNAM bizarrement située à Coyoacan et où Marcela étudie et, malgré le plaisir réciproque de notre companie, il est temps de se séparer pour la laisser s'enfuir vers son travail et me voir prendre une ultime fois le chemin de San Jeronimo.
14h00 : Cecilia est presque à l'heure au rendez-vous que nous nous étions fixé. Je comprends rapidement que nous n'irons pas déjeuner en compagnie de Carla et Chrystel comme cela était prévu initialement...
La maison est déserte. C'est dommage, je n'aurai pas l'occasion de faire mes adieux et remercier chaleureusement Rodri, Rafa et Pati...
Mon vol est à 21h, il faudrait donc que je sois à l'aéroport peu après 18h (mieux vaut prévoir de la marge), et par conséquent partir vers 16h, on ne sait jamais à l'avance comment roule Ciudad de Mexico.
Je prépare donc toutes mes affaires, boucle le sac des adieux à cette maison, à cette chambre. Mon équipage sort déjeuner avec nous. Destination le tacos du premier soir en bas de San Jeronimo mais dans le restaurant, à l'intérieur, cette fois. Ce sera l'occasion de tester les quelques (rares) manières d'assaisonner les tacos qui ont échappées à ma boulimie degustatrice. Viandes, pimant, coriandre, ail... tout y passera. Cecilia me prête son portable pour envoyer un SMS de remerciement à Pati. Finalement elle nous rejoindra à la fin du repas, ainsi que Jorge mais pour repartir dans la foulée sans autre forme de procès. Pati, à son tour, succombe à l'appel du devoir économique. Après avoir terminé le repas, je rappelle à Montse mon souhait de passer au Krispy Kreme pour savourer quelques uns de leurs succulents Doughnuts et pour effacer une expérience américaine douloureuse. C'est ainsi que nous nous retrouvons au Centre Commercial voisin juste de l'autre côté du "Periferico", pour commander deux boites de 6 ; une qu'elle ramènera chez elle et l'autre que nous entamons et qui ira jusque chez moi finalement.
16h00 : Il est temps de prendre la route. Bien qu'un peu chargée au début, nous arriverons à l'aéroport 45 minutes plus tard au lieu des 2 heures calculées.
16h45 : Arrêté au dépose-minute des départs vers l'international, nous profiterons de la marge de manoeuvre pour terminer ou commencer les rares discussions qui manquaient encore à notre répertoire. Ses adieux furent remplis de la promesse de venir m'importuner à Paris plus tôt que d'aventure.
17h45 : D'un pas à la lenteur mesurée, que je conserverai durant les 3 heures d'attente qui se dessinent devant mes yeux en surimpression de la blancheur et de la propreté du Hall de départ de l'aéroport Benito Juarez, je me dirige vers les comptoirs de Lufthansa. La compagnie d'outre-Rhin sera le vecteur de mon retour et de ma réhabilitation auprès de la Société Occidentale. Non sans quelques peines. Comme celle de répondre en espagnol à une question en allemand d'une hôtesse de l'air.
Une file d'attente réduite à son plus simple appareil, jeme présente en tendant billet et passeports qu'un grand sourire masculin me restitue peu de temps après. Mon sac à dos pesé et etiquetté est déjà sur les chemins roulants tapissés qu'une question anodine sur les bouteilles de Mezcal -souvenir contenues dans mon bagage à main- oblige un employé de la compagnie à courir après le gros équipage pour me le ramener. Ce contretemps m'oblige à revoir tout l'agencement intérieur des 70L de contenance pour leur incorporer 4 Litres (liquides cette fois) supplémentaires. L'ensemble part, une deuxième fois par le tapis motorisé quand un éclair de lucidité me rappelle avoir oublié de replacer le couteau suisse dans sa poche de voyage. Trop tard ! Il ne me reste plus qu'à le jeter... Je quitte enfin l'espace d'enregistrement pour me promener dans les couloirs du terminal quand plusieurs centaines de mètres plus loin me rattrappe le préposé aux bagages qui me dit qu'il doit descendre là où se trouvent les sacs et me propose de mettre mon couteau dasn mon sac. Sans trop réfléchir je lui donne le numéro de ma valise et il repart comme il est venu. Un doute m'assaille. Son comportement m'intrigue. D'autant que je me souviens la froideur avec laquelle il a accueilli mes remerciements. Je le guette un moment depuis l'extérieur de la salle d'enregistrement. Bien plus tard, le steward qui s'était occupé de moi passe et je lui expose mes suspicions. Je lui précise qu'elles ne sont sans doute pas fondées mais que le comportement m'a paru étrange. Il me demande de l'attendre et ne reviendra que longtemps après pour m'annoncer que le couteau est dans le sac. Soulagé, je peux enfin me diriger vers la zone d'embarquement, après avoir passé la douane. Il me reste encore plus d'une heure avant l'embarquement et donc après un tour des magasins duty free où l'on m'inviter à goûter une Tequila, je repère un bar avec l'idée d'y déguster ma dernière bière mexicaine. Je m'installe au comptoir, face au barman, à côté d'un jeune mexicain qui étudie l'architecture à Barcelone. D'autre poins communs encore nous ferons rapidement sympathiser, d'autant que nous retournons tous deux sur le vieux continent par le même vol, à la suite duquel nous attendrons nos correspondances respectives. Ce bar d'aéroport sera l'occasion de goûter une nouvelle bière mexicaine qui manquait à mon palmarès. Nous avons tellement passé le temps que quand nous nous rendons aux portes d'embarquement, celui-ci a presque déjà commencé. Le vol passera tranquilement entre écriture, lecture et (très peu de) vidéo. Mais presque sans réussir à dormir, entre autres à cause de violentes turbulences au dessus du cercle polaire. Je réussirai à peine à somnoler jusque Amsterdam puis nous remonterons la vallée du Rhin avant d'entamer notre descente sur Francfort. Des adieux, une nouvelle adresse dans mon petit carnet déjà bien rempli. Un nouveau saut d'une heure et quelques centaines de kilomètres et ce bon vieux Roissy me déroulera son tapis d'asphalte pour célébrer mon retour en grandes pompes.


Epilogue
C'est dans un froid et très humide matin gris de Novembre, dans un bus de la RATP qui ne fera pas grève ce jour-là, sur le chemin routinier des habitudes quotidiennes que s'achève tel un blessé dont il faut savoir abréger les souffrances ce récit enjoué, long (trop ?), enthousiasmant et riche. Le Mexique est déjà si loin dans ma tête...